Un juge pour défendre les enfants dans les séparations ?

Dans son numéro du 24 mai dernier, le journal Le Monde publie un entretien avec François de Singly. Le sociologue se prononce sur la récente réforme du divorce, qui a été adoptée en première lecture à l’intérieur du projet de loi « Justice du XXI° siècle ». Selon lui la forme de cette réforme est scandaleuse et elle ne protège pas assez les enfants. Nombreux sont les opposants à cette réforme qui s’inquiètent aussi du manque de protection des enfants.

La loi prévoit que les couples qui se mettent d’accord pour divorcer n’auront plus besoin de passer devant un juge. Un notaire suffira à casser le contrat de mariage. Pour le sociologue, il s’agit d’une avancée vers un mariage contractuel entre deux personnes qui sont responsables de leurs actes. Sauf à considérer le mariage comme une institution immuable, il est clair que des adultes consentants n’ont pas besoin de la justice pour décider de leur séparation. Continuer la lecture de « Un juge pour défendre les enfants dans les séparations ? »

Aliénation parentale : situation délicate pour les professionnels de la famille

Nous continuons le billet de la semaine dernière. Pour les psychiatres et psychologues cités dans l’article de Sciences Humaines du mois de mai 2016, le parent qui manipule son enfant pour l’aliéner de l’autre parent a souvent une personnalité fragile. Sa campagne de dénigrement de l’ex-conjoint et sa volonté de garder exclusivement les enfants serait une lutte contre sa propre dépression.

lonely_MPour ces parents aliénants, expliquent ces spécialistes, l’enfant est un prolongement de soi, c’est leur signe de réussite sociale. Ces personnes vivent dans un chaos émotionnel construit sur la haine et la jalousie. Elles passent toute leur énergie à envenimer les relations et à créer des situations de blocage. Continuer la lecture de « Aliénation parentale : situation délicate pour les professionnels de la famille »

Résidence pleine : les enfants sont dans le tunnel d’avril

cal-alt_fev-avr-2016Notre billet du 3 février 2016 avait montré comment les enfants en résidence pleine chez un de leur parent, souvent la mère, souffraient de la succession des semaines paires et impaires qui se croisent avec les vacances scolaires pour créer de longs tunnels de trois semaines sans rencontrer l’autre parent, souvent le père.

En clair, avec ce système, la mère est surchargée de responsabilités et le père est coupé des relations simples, quotidiennes et régulières avec ses enfants. Continuer la lecture de « Résidence pleine : les enfants sont dans le tunnel d’avril »

Les bébés aussi ont besoin du lien avec leurs deux parents

Les parents, les professionnels des affaires familiales et les acteurs de la justice familiale se demandent souvent si les jeunes enfants doivent être la plupart du temps aux soins d’un parent ou si cette attention doit être partagée de manière plus égale entre les deux parents. En cas de séparation, la question se pose de savoir si les nourrissons doivent dormir toujours dans la même maison ou non.

Ce sont les questions auxquelles répondent Richard A. Warshak et 110 autres signataires d’un article de consensus publié en 2014. Ce groupe est constitué de chercheurs et de praticiens reconnus internationalement dans le champ du développement du jeune enfant, de la psychologie, de la sociologie ou du travail social. Leurs conclusions sont tirées de la revue des articles scientifiques. Elles s’appliquent à toutes les situations, même de conflit, à l’exception de celles où les enfants subissent des abus avérés d’un parent. Continuer la lecture de « Les bébés aussi ont besoin du lien avec leurs deux parents »

Avantages de l’hébergement égalitaire pour les parents d’aujourd’hui

Le numéro 18 de la revue belge Filiatio interroge le sociologue Jacques Marquet sur les avantages et les inconvénients de l’hébergement égalitaire notamment pour les femmes qui travaillent et qui sont séparées. Le sociologue montre comment les réflexions des politiques, les décisions des juges et les pratiques des parents sont encore marquées par le modèle familial de l’entre-deux guerres.

Dans ce modèle, dit « bourgeois », le père représente le gagne-pain et l’autorité alors que la mère est responsable de l’espace privé, de l’éducation, du suivi scolaire, de l’entretien et de l’alimentation. Dans ce type de familles, si la mère travaille, c’est Rubikprincipalement pour compléter le salaire du mari. Cette représentation est entretenue dans les cercles familiaux, à travers les parents et grands-parents, dans les cercles d’amis, au travail et dans la plupart des relations sociales ordinaires. Mais le nombre croissant des femmes exerçant une activité professionnelle égale à celle de leur conjoint pousse certaines juridictions et certaines entreprises à s’adapter. C’est le cas en Flandres et c’est ce qui intéresse la revue Filiatio.
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La Floride vers la résidence égalitaire pour tous les enfants

Le sénat de Floride a voté, en février dernier, à une large majorité (60%), une proposition pour que la résidence alternée égalitaire soit l’option privilégiée pour les enfants en cas de séparation de leurs parents.

Comme l’indique l’article du Miami Herald, les partisans de la proposition s’appuient sur les recherches scientifiques en matière de résidence alternée, notamment celle publiée par Robert Bauserman en 2002, qui montrent que les enfants vivant en résidence alternée ont moins de problèmes de comportements et de gestion des émotions, une plus grande estime de soi, de meilleures relations dans la famille et de meilleurs résultats scolaires que ceux qui vivent en résidence pleine avec un seul parent.

Le sénateur Tom Lee, qui a soutenu la proposition, s’appuie sur les récentes évolutions du droit américain et international. Pour lui, la présomption légale de résidence alternée est une question de droits civiques : la législation avance d’année en année vers plus d’équité entre les personnes et cela ne doit pas s’arrêter en cas de séparation des parents. Les enfants ont le droit de passer un temps égal avec des parents qu’ils aiment et qui les aiment.
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Résidence pleine : des enfants dans le tunnel de février

En France, la plupart des enfants vivent principalement avec leur mère après la séparation de leurs parents

Pour beaucoup, cet arrangement ne leur permet de vivre avec leur père qu’un week-end sur deux, en général celui des semaines paires. Le total de jours durant lesquels ces enfants et adolescents peuvent bénéficier des interactions avec leur père, en complément de celles avec leur mère, est donc très en dessous du minimum reconnu par les recherches pour garantir leur bienêtre physique, psychique et relationnel (voir notre post).

Cette réduction des interactions est encore pire quand le jeu des alternances entre semaines paires et impaires vient se croiser avec celui des semaines de vacances.

Cette année, pour la zone A, par exemple, le week-end de la première semaine de février est impair, donc les enfants sont avec leur mère. Le deuxième week-end est pair mais il est dans la première semaine de vacances, celle qui est à la mère les années paires… Continuer la lecture de « Résidence pleine : des enfants dans le tunnel de février »