Un week-end sur deux = 6 jours en 10 semaines

L’arrangement « un week-end sur deux plus la moitié des vacances » donne l’impression d’une répartition acceptable des moments où les enfants peuvent vivre avec chacun de leurs parents. Mais compter les jours de présence des enfants avec chacun des parents, fait apparaître une réalité très différente. De plus, la coupure des vacances de Toussaint en milieu de semaine, complique la situation des enfants dont les parents sont séparés. Voyons comment ces enfants ont pu rencontrer chacun de leurs parents ces derniers mois.

Selon les jugements, les enfants ont quitté le parent non-résident, la plupart du temps leur père, vers le 20 août et sont partis 2 semaines avec le parent résirythmedent, donc souvent leur mère. Ils sont rentrés un week-end impair (donc sans le père) puis sont restés avec leur mère pour la semaine de la rentrée des classes. Après ce premier tunnel, ils voient leur père un week-end après 3 semaines d’absence (voir notre billet du 7 septembre 2016).

Le concret du rythme d’alternance depuis les vacances d’août

Ensuite le rythme de 2 jours tous les 14 jours reprend pour 4 semaines. Avec un tel rythme, mieux vaut que tout le monde soit en forme dès le vendredi soir et jusqu’au lundi au petit matin, pour que des liens éducatifs, d’affection et de confiance puissent être maintenus.

Le week-end sur deux suivant tombe durant la première semaine de vacances avec la mère. En conséquence, c’est après un nouveau tunnel de 2,5 semaines que les enfants retrouvent leur père un mercredi, pour une semaine. Pour ceux qui auraient la possibilité de partir en location, du samedi au samedi, c’est loupé. Mieux vaut donc que le père ait les moyens de les loger décemment durant une semaine, même s’il n’a pas la charge de ses enfants au quotidien le reste de l’année.

Les dates de vacances attisent le conflit

Les vacances de Toussaint commencent et se terminent en milieu de semaine. En cas de résidence alternée 50-50 les parents ont à négocier les départs en vacances, s’ils partent. Mais le casse-tête peut se résoudre.

Comment faire avec les demi-semaines de début et fin de vacances, en cas de résidence chez un parent ? Comment faire quand le jugement indique que la première semaine de vacances des années paires, à compter du dernier jour de classe, sera à la charge de la mère, le changement avec le père se faisant le vendredi ?

Bien évidemment, les parents pourraient s’entendre. Mais s’ils n’y arrivent pas, si l’un deux fait tout pour que l’entente ne marche pas, quelles sont les conséquences pour les enfants ? En plus, d’une alternance très réduite, il est donc vraisemblable que ces dates de vacances qui ne correspondent à aucun jugement ont rallumé bien des conflits.

Les enfants voient leur père 6 jours et vivent 60 jours avec leur mère

Au total, du moment où ils ont fini les dernières vacances avec leur père jusqu’au moment où ils le retrouvent pour un autre temps long, il s’est passé près de 10 semaines. Durant ces 66 jours, les enfants n’ont vu leur père que 6 jours entiers. Donc entre les deux moments de durée suffisante pour vivre les événements du quotidien qui permettent de construire ou de solidifier les relations, les enfants n’ont pu rencontrer leur père que 6 jours et ils ont vécu avec leur mère 60 jours !

Peut-on imaginer construire ou restaurer des liens dans de telles conditions ? Peut-on imaginer comment ces filles et ces garçons vont construire leur personnalité adulte dans un tel déséquilibre ?

Quel psychanalyste ou pédopsychiatre peut soutenir avec des arguments solides que cet arrangement « un week-end sur deux » est convenable pour le bienêtre de l’enfant ?

Quel juge ou travailleur social peut soutenir que cet arrangement « un week-end sur deux » est préférable à une résidence alternée ?

Quel responsable politique ou ministre des affaires familiales peut penser qu’il suffit de décréter la double résidence administrative pour que la loi actuelle respecte les droits de l’enfant ?