Emmanuel Macron nous répond, mais pas sur la résidence alternée…

En février, nous avons écrit aux cinq candidats dont les sondages montrent qu’ils peuvent devenir président de la République pour leur demander leur avis sur la résidence alternée. Après la réponse très décevante de Benoît Hamon (voir notre billet du 5 avril 2017), nous avons reçu un mel de l’équipe d’Emmanuel Macron. Continuer la lecture de « Emmanuel Macron nous répond, mais pas sur la résidence alternée… »

Le CIRA avec les associations suisses de coparentalité (suite)

Nous poursuivons le compterendu des points forts de l’assemblée annuelle du mouvement de la condition paternelle Vaud commencé dans notre billet de la semaine dernière (voir le billet du 22 mars 2017). Nous avons rapporté les interventions des chercheurs et des juges.

Dans ce billet nous présentons celles des deux vice-présidents du CIRA/ICSP : Chantal Clot-Grangeat, pour les professionnels, et Oliver Hunziger, pour la société civile. La première est psychologue, thérapeute, docteure en psychologie. Le second est président de l’association suisse pour la coparentalité (GeCoBi). Continuer la lecture de « Le CIRA avec les associations suisses de coparentalité (suite) »

La résidence alternée, c’est avant tout celle des enfants

Notre article dans le journal en ligne The Conversation continue sa belle diffusion à travers le monde. Les commentaires sur l’article nous permettent de démonter quelques idées reçues qui bloquent la réflexion en France. Dans un premier temps nous avions répondu aux critiques d’un professeur expert en psychologie (voir notre billet du 1° février 2017, la semaine dernière, nous avons répondu aux personnes qui suivent l’avis de ces spécialistes (voir notre billet du 8 février 2017).

Cette semaine, nous répondons aux personnes qui disent que la résidence alternée ne vaut rien pour la plupart des couples car les hommes seraient violents.

La résidence après divorce doit être vue du côté des enfants

Une catégorie d’opposition à la résidence alternée se fonde sur la violence attribuée aux pères qui est nocive aux femmes et aux enfants. Les pères chercheraient à apitoyer l’opinion pour avoir la garde de leurs enfants alors que peu s’en sont occupés avant le divorce et que beaucoup seraient violents.

Il est clair, comme nous l’avons écrit plusieurs fois, que les cas de violences ou d’abus avérés doivent interdire la résidence chez le parent violent. Il est très difficile, et même plutôt impossible, d’envisager autrement ce sujet. Cependant, il est clair aussi que ces cas sont vraisemblablement minoritaires et donc que, dans un premier temps, il faut envisager la résidence des enfants dans le cas général.

Il y a peut-être aussi une tentative de certains pères de se faire plaindre de leur situation après divorce. Nous pensons que le problème n’est pas là, et pour deux raisons.

Premièrement, c’est l’intérêt supérieur de l’enfant qui guide toute la législation et les décisions de justice et qui intéresse les chercheurs. Dans cette perspective, les résultats des recherches à grande échelle, celles qui devraient guider les politiques publiques (voir notre billet du 8 février 2017), montrent que la résidence alternée est toujours plus bénéfique au développement cognitif, psychique et physique des enfants et des adolescents que d’autres arrangements. Elle permet un meilleur équilibre affectif, émotionnel et social et une meilleure santé que la résidence chez un seul parent (voir nos billets des 18 janvier 2017 et 30 novembre 2016). Ce mieux être, malgré les difficultés dues à la séparation des parents, se maintient même si les parents sont en conflit (voir notre billet du 9 mars 2016).

Deuxièmement, l’avancée vers un meilleur équilibre entre les femmes et les hommes ne passe certainement pas par l’opposition entre les deux genres mais vraisemblablement par un effort commun et partagé pour trouver cet équilibre. La résolution de l’Assemblée Parlementaire du Conseil Européen prise en octobre 2015 insiste sur ce point : en cas de divorce, l’égalité entre les femmes et les hommes passe par une répartition des responsabilités éducatives des deux parents et donc par la résidence alternée (voir nos billets des 6 et 13 janvier 2016).

La résidence alternée, c’est donc avant tout celle des enfants.

Ne pas traiter à la légère les violences faites  aux femmes et aux hommes

Les oppositions à la résidence alternée du fait de la violence attribuée aux pères glissent en général très rapidement vers les violences sexuelles dont sont victimes les femmes, notamment au sein des familles. C’est alors l’enquête de l’INED Virage qui est citée.

Virage est une enquête de grande envergure réalisée auprès de 27 268 femmes et hommes, dont l’objectif est de mesurer l’ampleur des violences subies tant par les femmes que par les hommes.  Nous aborderons ce thème très important lors d’un prochain billet.

200 000 enfants par an dans les couples séparés

Notre article dans le journal en ligne The Conversation a rencontré un intérêt que nous n’avions pas soupçonné. Repris par d’autres journaux, twitté et retwitté, il a été lu par plus  de 18 600 lecteurs en une semaine. Cela démontre, s’il en était besoin, que la question de la résidence des enfants après la séparation de leurs parents est bien une question sociale et politique actuelle.

Les commentaires sur l’article nous permettent d’en préciser certains éléments. Le commentaire d’un psychologue expert, en effet, illustre l’une des idées bien ancrées qui sont évoquées en tête de l’article et qui bloquent la réflexion en France à propos de la résidence des enfants après séparation de leurs parents. Un des blocages découle de la prétention de certains spécialistes, comme ce psychologue renommé, à savoir comment les choses se passent dans la « vraie vie » et de leur rejet dans « l’ineptie », pour reprendre ses propres termes, de toute autre approche que la leur, notamment par les statistiques.

Des centaines de milliers de mineurs sont concernés

Ce professeur de psychologie oppose l’étude de la condition de vie des enfants des couples séparés, à partir de méthodes scientifiques, à la force des exemples vécus tirés de ses consultations. Cette prétendue opposition est souvent utilisée par certains tenants de l’approche pédopsychiatrique en ce qui concerne la résidence alternée. Il nous faudrait pourtant savoir utiliser les arguments qui correspondent à la question en jeu.

La question qui nous est posée est celle des conditions de vie et de développement des 200 000 enfants qui chaque année sont concernés par la séparation de leur parent et dont 75 % vivent essentiellement chez leur mère, beaucoup ne rencontrant leur père que 4 jours par mois. Les conséquences délétères de cette situation, pour les enfants mais aussi pour les mères seules, sont bien connues.

Cette question de santé publique doit donc se traiter avec les outils des politiques publiques, c’est-à-dire la recherche de données dans de grands échantillons et leur traitement statistique. Des « vignettes » qui éclairent la réalité de quelques personnes dans ces populations sont souvent utilisées pour faire comprendre à quoi correspondent les résultats, et ce sont d’utiles illustrations complémentaires.

Cet expert utilise des exemples tirés de ces consultations. Comme tous ceux de ses collègues, ses exemples sont toujours frappants, voire sidérants pour les non-spécialistes, mais, par là-même, ils troublent le débat sur les choix politiques plus qu’ils ne l’éclairent.

Réfléchissons en termes d’ensembles, comme en mathématique : à l’intérieur de la population de centaines de milliers de familles concernées par la séparation, seule une partie des enfants a besoin d’un support psychologique et parmi ces enfants, il faudrait déduire ceux qui, de toutes manières, auraient des difficultés, que leurs parents soient séparés ou non. Cette petite partie de la population est tout à fait respectable et elle doit bénéficier d’une approche personnalisée mais elle ne peut pas guider, à elle seule, les choix politiques.

Prenons un exemple, nous aussi :

Les psychologues thérapeutes de couples ne rencontrent que des couples qui ont des difficultés mais ils n’en déduisent pas que le mariage ou le concubinage sont dangereux et ils ne font pas campagne pour que mariage et concubinage soient écartés de la loi.

En résumé, l’approche psychologique est essentielle pour les personnes qui en ont besoin mais elle n’est pas la plus appropriée pour parler des besoins de populations entières.

L’arrangement classique, 2jours-12jours, devrait devenir minoritaire

Le psychologue qui commente l’article méprise le seuil de 35% du temps identifié par les études citées mais il les rejoint pour dire que ce qui compte, c’est la qualité du lien entre chaque parent et leurs enfants. A partir de ce dernier constat, plutôt trivial, il est assez facile de faire l’hypothèse que la qualité du lien va dépendre, entre autres facteurs, du nombre d’opportunités que les enfants auront de rencontrer chaque parent.

Cette hypothèse est vérifiée dans toutes les recherches actuelles : les résultats montrent qu’il faut au-moins 35 % de temps pour que les enfants puissent construire avec chaque parent des relations suffisamment fortes pour réduire les dommages provoqués par la séparation et que lorsque les enfants peuvent passer 50 % du temps avec chaque parent, ils ont un niveau de bienêtre équivalent à ceux des familles non-séparées, intactes.

Certains pédopsychiatres français se réfèrent à des études anciennes mais celles-ci comportaient des faiblesses méthodologiques corrigées par les études récentes.

En résumé, si l’on ne parle pas de pourcentages de temps mais de jours, c’est à partir de l’arrangement 5-9 (5 jours avec un parent et 9 avec l’autre, sur une période de deux semaines) que les enfants disposent d’assez de temps pour construire des relations affectives stables avec leurs deux parents. L’arrangement dit classique, un week-end sur deux, autrement dit 2-12, devrait donc devenir extrêmement minoritaire.

Un champ d’initiative pour les programmes politiques

Tout comme les délégués de l’Assemblée Parlementaire du Conseil Européen, et tout particulièrement de la députée du Luxembourg, Françoise Hetto-Gaash, nous pensons que la nouvelle frontière de l’égalité entre les femmes et les hommes passe par un plus grand respect de la responsabilité des pères dans l’éducation de leurs enfants.

Donc par une promotion de la résidence alternée et, surtout, par la limitation, à quelques cas exceptionnels, de l’utilisation de l’arrangement dit classique, un week-end sur deux, c’est-à-dire 2 jours par quinzaine.

Les politiques qui rédigent les programmes pour le prochain quinquennat ont là une belle opportunité de travailler à une meilleure égalité entre les femmes et les hommes.

2017 : une année de choix politiques pour les enfants et les parents séparés

Souhaitons que 2017 soit une belle année pour les enfants et les parents, pour toutes les familles, classiques ou pas, séparées ou recomposées.

Durant l’année écoulée, près de cinquante billets ont été publiés sur ce blog. Un nombre de plus en plus important de lecteurs les ont suivis ou transférés sur les réseaux sociaux.

Soyez toutes et tous remerciés car c’est ainsi que nous participerons, peut-être, au changement des représentations à propos de la résidence des enfants des parents séparés en France.

Faisons un rapide bilan de 2016 et traçons des perspectives pour 2017. Continuer la lecture de « 2017 : une année de choix politiques pour les enfants et les parents séparés »

Difficultés scolaires pour les enfants qui vivent avec un seul parent

Le nombre d’enfants vivant en foyer monoparental représente une part de plus en plus importante des familles avec enfants en France. Selon les derniers chiffres de l’INSEE portant sur les décisions des JAF de l’année 2012, un peu plus de sept enfants sur dix (75%) vivent uniquement chez la mère, moins d’un sur dix (8%) chez le seul père et moins de deux sur dix (17%) vivent en résidence alternée.

Pour la seule année 2012, ce sont environ 150 000 enfants sur les 200 000 environ dont les parents se sont séparés qui vivent chez leur mère. Les statistiques du ministère de la Justice, datant de 2015, montrent que pour la majorité des cas (57%) ces enfants se retrouvent coupés de leur père durant deux semaines de classe avant de le retrouver pour un week-end et de le voir la moitié des vacances scolaires.

On pecoleeut penser que cette situation de déséquilibre a des conséquences sur la réussite des enfants à l’école.

Les services statistiques du ministère de l’Éducation Nationale ont conduit une étude pour répondre à cette question à partir d’un échantillon de 35 000 enfants entrés au collège en 2007. Continuer la lecture de « Difficultés scolaires pour les enfants qui vivent avec un seul parent »

Et si la résidence alternée devenait la première option ?

Et si la loi française décidait, comme en Belgique, que la résidence alternée devienne la première option proposée aux parents qui se séparent. Il semble normal qu’ils puissent poursuivre à deux l’éducation des enfants qu’ils ont eus ensemble, même si le couple est séparé. Mais est-il souhaitable que les parents soient forcés à accepter la résidence alternée, c’est-à-dire une situation où les enfants peuvent passer au moins 35% de leur temps avec chaque parent ? C’est une question cruciale à envisager avant de vouloir changer la loi.

from: www.wikihow.com/Create-a-Parenting-Plan
from: www.wikihow.com/Create-a-Parenting-Plan

La loi pourrait être à l’inverse de celle qui prévaut en France aujourd’hui : ce ne serait pas un parent qui serait forcé à accepter que ses enfants soient en résidence pleine chez l’autre parent mais, au contraire, les deux parents qui seraient forcés à mettre en place la résidence alternée. Continuer la lecture de « Et si la résidence alternée devenait la première option ? »

Réduire le temps de travail pour plus d’égalité femmes-hommes

Le quotidien en ligne Médiapart diffuse un rapport inédit de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS), d’autres journaux reprennent cette information. Ce rapport concerne l’emploi et la réduction du temps de travail. Si elle est bien menée, disent ces inspecteurs, la réduction du temps de travail peut améliorer l’égalité entre les femmes et les hommes.

Pour notre part, nous stemps travailommes persuadés que la résidence alternée progressera avec celle de l’égalité au travail entre les pères et les mères. C’est ce que nous avons expliqué à la suite de l’article de la revue Alternatives Économiques à propos de la Suède, dans notre billet du 20 avril 2016. Les propositions des inspecteurs de l’IGAS qui ont rédigé ce rapport vont dans ce sens. Continuer la lecture de « Réduire le temps de travail pour plus d’égalité femmes-hommes »

Être père, aujourd’hui : ça bouscule !

Nous poursuivons le billet de la semaine dernière à propos du Téléphone Sonne de France Inter avec comme invité Serge Hefez, psychiatre, psychanalyste et responsable de l’unité de thérapie familiale à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, à l’occasion de l’enquête « Être père aujourd’hui » conduite par l’UNAF.

Une auditricepapapoule, qui se moque gentiment de l’émission dans laquelle il n’y a pas de femmes pour parler de la maternité, témoigne que les mères sont toujours sollicitées comme responsables des enfants. Selon elle, la médecine, l’école, tout le monde s’adresse toujours d’abord à la mère lorsque l’enfant à un souci. Elle trouve que la mère est souvent rappelée à l’ordre, surtout quand elle débute dans son rôle de mère. C’est toujours sur la mère que cela retombe quand le bébé pleure dans le bus, quand il est en retard à la crèche, quand il y a un problème à l’école. Pour elle, le père est toujours félicité dès qu’il s’occupe un tant soit peu de ses enfants. Du coup, elle aimerait bien être père de temps en temps, pour bénéficier un peu de ces avantages. Continuer la lecture de « Être père, aujourd’hui : ça bouscule ! »

Être père, être mère : c’est toujours un chantier mobile !

A l’occasion de l’enquête « Etre père aujourd’hui » conduite par l’UNAF, France Inter a invité Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste, responsable de l’unité de thérapie familiale à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, et Michel Fize, sociologue, à l’occasion du Téléphone Sonne. Le thème de l’émission était : « Les nouveaux pères, ou pères modernes sont de plus en plus sur un pied d’égalité avec la mère. Partage des tâches, de l’autorité et de l’affection. Nouvelle norme, ou mode ? »

chantierLes propos du journaliste, les réponses des invités, les témoignages et les réactions des auditeurs et des auditrices, montrent que la question de l’équilibre entre père et mère dans le couple est toujours un chantier. Et un chantier en plein mouvement !

Continuer la lecture de « Être père, être mère : c’est toujours un chantier mobile ! »

Aplanir les inégalités dans le couple pour favoriser la résidence alternée

Le dossier proposé ce mois d’avril par la revue Alternatives Économiques déclare que le mode de garde des enfants en France manque de gouvernance et de logique. On y parle des enfants que leurs parents font garder durant la journée mais la manière de décider de leur résidence en cas de divorce semble gouvernée de la même manière.

Euro_and_familyDans le billet de la semaine dernière, nous avons montré les inconvénients du mode de garde par la mère seule, pour les enfants et pour les mères. Les modes de garde collectifs seraient plus adaptés mais comme ils reposent sur les assistantes maternelles, on revient à la case départ. Il faudrait un mode de garde plus flexible, mieux adapté aux intérêts des jeunes enfants. Dans ce billet, nous parlons du congé parental qui est un deuxième axe pour améliorer la garde des jeunes enfants. Continuer la lecture de « Aplanir les inégalités dans le couple pour favoriser la résidence alternée »

Alternatives Economiques : qui doit garder les enfants ?

Le magazine Alternatives Economiques de ce mois d’avril s’intéresse au mode de garde des enfants : crèche, école, nounou ou famille ? L’article de Xavier Molénat montre qu’il y a tout intérêt à investir dans la petite enfance car cette politique est porteuse de bénéfices éducatifs, sociaux et aussi économiques.

La garde des enfants majoritairement dévolue aux mères

Le mode de garde des enfants est toujours une question préoccupante pour les parents mais elle l’est aussi pour les pouvoirs publics, en France comme en Europe et dans le reste du monde.

family-40370__180La tradition conduit à confier majoritairement cette garde aux mères mais cela les pénalise dans leur développement professionnel. En prenant de longs congés parentaux, elles sont écartées des postes à responsabilité et même du marché du travail pour celles qui sont le moins qualifiées. Elles dépendent alors largement des revenus sociaux et leur risque de pauvreté augmente. En cas de divorce, comme ces femmes conservent souvent la résidence des enfants, ces faibles revenus impactent le bienêtre des enfants, note Xavier Molénat. Continuer la lecture de « Alternatives Economiques : qui doit garder les enfants ? »

Résidence pleine : les enfants sont dans le tunnel d’avril

cal-alt_fev-avr-2016Notre billet du 3 février 2016 avait montré comment les enfants en résidence pleine chez un de leur parent, souvent la mère, souffraient de la succession des semaines paires et impaires qui se croisent avec les vacances scolaires pour créer de longs tunnels de trois semaines sans rencontrer l’autre parent, souvent le père.

En clair, avec ce système, la mère est surchargée de responsabilités et le père est coupé des relations simples, quotidiennes et régulières avec ses enfants. Continuer la lecture de « Résidence pleine : les enfants sont dans le tunnel d’avril »

Avantages de l’hébergement égalitaire pour les parents d’aujourd’hui

Le numéro 18 de la revue belge Filiatio interroge le sociologue Jacques Marquet sur les avantages et les inconvénients de l’hébergement égalitaire notamment pour les femmes qui travaillent et qui sont séparées. Le sociologue montre comment les réflexions des politiques, les décisions des juges et les pratiques des parents sont encore marquées par le modèle familial de l’entre-deux guerres.

Dans ce modèle, dit « bourgeois », le père représente le gagne-pain et l’autorité alors que la mère est responsable de l’espace privé, de l’éducation, du suivi scolaire, de l’entretien et de l’alimentation. Dans ce type de familles, si la mère travaille, c’est Rubikprincipalement pour compléter le salaire du mari. Cette représentation est entretenue dans les cercles familiaux, à travers les parents et grands-parents, dans les cercles d’amis, au travail et dans la plupart des relations sociales ordinaires. Mais le nombre croissant des femmes exerçant une activité professionnelle égale à celle de leur conjoint pousse certaines juridictions et certaines entreprises à s’adapter. C’est le cas en Flandres et c’est ce qui intéresse la revue Filiatio.
Continuer la lecture de « Avantages de l’hébergement égalitaire pour les parents d’aujourd’hui »

Au Luxembourg, pour la justice sociale et l’égalité entre les femmes et les hommes

L’association SOS Parents Luxembourg rassemble des parents, hommes et femmes, décidés à rendre publique les injustices et à revendiquer leurs droits après un divorce ou une séparation. Un de leur principal objectif est de maintenir le lien parental, particulièrement menacé par la non représentation d’enfants.

SOSParents-LGCrée en 2014, l’association « a pour objet social le soutien à la parentalité et à la famille au sens large, l’égalité entre les femmes et les hommes au sein de la famille et dans la société à travers toutes activités d’éducation, d’accompagnement, de plaidoyer, de communication et de recherche. »

Continuer la lecture de « Au Luxembourg, pour la justice sociale et l’égalité entre les femmes et les hommes »

La résidence alternée, un facteur pour le bienêtre de l’enfant

La commission des questions sociales, de la santé et du développement durable de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe a commenté le projet de résolution afin de l’amender (voir notre billet du 6 janvier 2016). Ces commentaires permettent de comprendre les avancées qui sont faites par les représentants élus des citoyens mais aussi les difficultés qui restent à surmonter.

La commission souligne un point important : la coparentalité et la résidence alternée représentent un droit pour les parents mais ce droit ne peut pas prendre le pas sur celui de l’enfant. En effet, « Tout enfant a le droit de ne pas être séparé de ses parents et d’entretenir régulièrement des relations personnelles et des contacts directs avec ses deux parents, sauf si cela est contraire à son intérêt supérieur. »

Une première difficulté est que cette protection de l’intérêt supérieur de l’enfant peut conduire à de nombreuses interprétations et à justifier des jugements divers. Continuer la lecture de « La résidence alternée, un facteur pour le bienêtre de l’enfant »

Le Conseil de l’Europe pour un équilibre des parents après séparation

L’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté le 2 octobre 2015 une résolution qui prône un équilibre femme-homme dans l’éducation des enfants, notamment en cas de divorce. Cette résolution a été portée par la députée luxembourgeoise Françoise Hetto-Gaasch qui l’a présentée à la conférence CIRA/ICSP 2015. Les participants de cette conférence, chercheurs, professionnels et acteurs de la société civile, tout comme le bureau directeur du CIRA/ICSP soutiennent cette résolution.
Elle souligne que, « en Europe, le partage des responsabilités entre les femmes et les hommes au sein des familles a connu des évolutions remarquables dans le sens d’un plus grand équilibre. Toutefois, les pères se trouvent parfois confrontés à des législations, des pratiques et des stéréotypes de genre sur les rôles assignés à la femme et à l’homme qui peuvent aboutir à les priver de relations suivies avec leurs enfants. Or, le fait pour un parent et son enfant d’être ensemble constitue un élément essentiel de la vie familiale qui est protégée par la Convention européenne des droits de l’homme. Seules des circonstances exceptionnelles et particulièrement graves au vu de l’intérêt de l’enfant devraient pouvoir justifier une séparation, ordonnée par un juge. » Continuer la lecture de « Le Conseil de l’Europe pour un équilibre des parents après séparation »

Un nouveau site, de nouvelles avancées

Avec le début d’une nouvelle année, nous lançons ce nouveau site dédié à la résidence alternée. Ce site va diffuser les informations nationales et internationales autour de la résidence alternée avec l’idée de privilégier le bien-être des enfants et l’égalité entre les femmes et les hommes.

L’année 2015 a été l’occasion de nouvelles avancées dans ce sens. Lire la suite