Cour d’appel de Versailles : résidence alternée, un appui nécessaire au bienêtre des enfants

Les semaines précédentes nous avons rapporté comment la Cour d’appel de Chambéry a fixé des critères objectifs pour favoriser la coparentalité et comment elle a soutenu la volonté d’un enfant de vivre en résidence alternée. Cette semaine nous rapportons la décision de la Cour d’appel de Versailles qui, le 16 mars 2017, a elle aussi ordonné une résidence alternée après l’audition de deux enfants, de 10 et 12 ans.

Cet arrêté est intéressant car il précise ce que les juges attendent de l’audition des enfants et les bénéfices tirés de la résidence alternée chez les deux parents.

Que dit la décision de la Cour d’appel de Versailles ? Continuer la lecture de « Cour d’appel de Versailles : résidence alternée, un appui nécessaire au bienêtre des enfants »

La Cour d’appel de Chambéry privilégie la coparentalité et la résidence alternée

La revue La semaine Juridique, publie un article de Guillaume Kessler, de l’université de Corse, intitulé « La systématisation judiciaire de la résidence alternée ». Il affirme que la tendance judiciaire va dans le sens d’une généralisation de la résidence alternée, de manière à renforcer la coparentalité. Dans ce sens, une récente décision de la Cour d’appel de Chambéry permet de sortir des critères subjectifs qui souvent président au choix du mode de résidence des enfants après séparation des parents.

Cette décision d’une Cour d’appel est importante en ce qui concerne les conséquences de la séparation des parents sur les enfants. En attendant une réforme de la loi, cette décision peut orienter vers des pratiques judiciaires plus favorables au bienêtre des enfants.

Que dit la décision de la Cour d’appel ? Continuer la lecture de « La Cour d’appel de Chambéry privilégie la coparentalité et la résidence alternée »

Que retenir des entretiens conduits par le CESE ?

Depuis deux semaines nous nous intéressons à la saisine du CESE à propos des conséquences de la séparation des parents. C’est un sujet important car l’avis du CESE est censé éclairer les décisions du gouvernement. Il semble cependant qu’il faille relativiser l’importance de ce conseil qui, selon France Inter, ne serait ni très sollicité, ni très actif.

Sur les 8 points devant être traités par le CESE, nous retenons qu’aucun des spécialistes interrogés ne répond en profondeur, tout au moins dans les courtes vidéos proposées sur le site.

Mais quelles conclusions tirer de ce que disent ces spécialistes ? Continuer la lecture de « Que retenir des entretiens conduits par le CESE ? »

Quelques spécialistes interrogés par le CESE sur les conséquences de la séparation parentale

Sur le site internet du CESE, on trouve 8 brefs entretiens avec des spécialistes du divorce et de la séparation. Le moins que l’on puisse dire c’est que ces 8 personnes délivrent un point de vue très partiel de la situation.

On se demande comment le CESE et les deux rapporteures – Pascale Coton qui est vice-présidente de la CFTC et représentante des salariés et Geneviève Roy qui est hôtelière et représentante des entreprises privées industrielles, commerciales et de services – vont pouvoir écrire un avis à partir d’un échantillon si réduit et focalisé.

Cette étude se place dans le cadre de la loi sur le divorce par consentement mutuel dont nous avons parlé la semaine dernière. Voyons ce que disent les spécialistes choisis par le CESE. Continuer la lecture de « Quelques spécialistes interrogés par le CESE sur les conséquences de la séparation parentale »

Rentrée scolaire : faire vivre la coparentalité

L’exercice conjoint de l’autorité parentale à la suite du divorce ou de la séparation ne va pas de soi et demande un engagement des deux parents et des personnes en charge de l’enfant de par leur profession.

En cette période de rentrée, il peut être utile de rappeler les principes de l’éducation nationale en ce qui concerne la coparentalité. Continuer la lecture de « Rentrée scolaire : faire vivre la coparentalité »

Testosterone Rex : femmes et hommes, comme des mouches ?

Nous poursuivons et terminons notre présentation du livre de Cordelia Fine : « Testosterone Rex, myths of sex, science and society ». La semaine dernière nous avons parlé du mythe de l’homme chasseur et de la femme gardienne qui prétend refléter l’évolution humaine.

Cette semaine nous abordons les soi-disant appuis scientifiques à ce mythe. Menée dans les années 1950, la recherche scientifique qui a longtemps servi de caution aux défenseurs de la différence entre les femmes et les hommes est pourtant chargée d’erreurs méthodologiques. Aujourd’hui, sa partialité est reconnue. Ce cheminement vers une meilleure objectivité n’est pas sans rappeler celui sur la théorie de l’attachement, menée dans les mêmes années, ou la manière dont certains utilisent de manière partiale quelques recherches premières sur les effets négatifs qu’aurait la résidence alternée sur les enfants (voir nos billets des 1° et 8 février 2017). Continuer la lecture de « Testosterone Rex : femmes et hommes, comme des mouches ? »

Linda Nielsen : 10 résultats surprenants sur la résidence alternée

Comme nous l’avons écrit dans un précédent billet, lors de la conférence NPO-ICSP Boston 2017, Linda Nielsen a proposé une analyse des recherches sur la résidence alternée. Elle vient d’en publier le résumé dans son blog de l’Institut des Études Familiales.

Elle compare la situation de résidence pleine chez un parent (RP) à celle de résidence alternée (RA). Pour elle, la résidence alternée débute lorsque l’enfant peut passer au-moins 35% de son temps avec un de ses parents. En France, du fait de la longueur des vacances scolaires, cela correspond à l’arrangement « un week-end sur deux, étendu au moins à une nuitée et un jour la semaine sans week-end, plus la moitié des vacances scolaires. »

Elle se demande si le bienêtre de l’enfant est meilleur en RP ou en RA. S’il est meilleur en RA, elle se demande si c’est parce que les parents ont de hauts revenus, peu de conflits, plus de coopération dans l’éducation et qu’ils sont volontaires pour ce mode de résidence. Continuer la lecture de « Linda Nielsen : 10 résultats surprenants sur la résidence alternée »

Résidence alternée : une question sociale qui demande une inventivité politique

Notre article sur la résidence alternée, dans le journal en ligne The Conversation, vient de franchir la barre des 26 000 lecteurs !  Repris par d’autres journaux, twitté et retwitté, il avait été lu par plus de 18 000 lecteurs en une semaine lors de sa parution en janvier dernier (voir notre billet du 1° février 2017).

The conversation

Sa diffusion régulière continue et touche des centaines de nouveaux lecteurs chaque mois. Cette diffusion que nous ne soupçonnions pas démontre, s’il en était besoin, que la question de la résidence des enfants après la séparation de leurs parents est bien une question sociale et politique actuelle.

Si vous ne l’avez pas lu, il est temps de cliquer ici !

Les rencontres et lectures que nous avons faites depuis, et notamment lors de la conférence NPO-ICSP de Boston (voir notre billet du 31 mai 2017), confirment ce que nous écrivions en janvier dernier et nous incitent à poursuivre la dynamique pour faire évoluer la loi française.

Voici comment nous pouvons résumer la question aujourd’hui. Continuer la lecture de « Résidence alternée : une question sociale qui demande une inventivité politique »

Une association des femmes en faveur de la résidence alternée

Comme nous l’avons écrit dans notre précédent billet, avant la conférence NPO-ICSP Boston 2017, les participants ont été accueillis par l’association des femmes en faveur de la résidence alternée (Leading Women for Shared-Parenting).

Discours de la présidente de LW4SP, avec la vice-présidente du CIRA/ICSP et les participants de la conférence Boston 2017.

Cette association défend l’idée que les enfants ont besoin de leurs deux parents, même après leur séparation.

Prenons le temps de voir ce que demandent ces femmes. Continuer la lecture de « Une association des femmes en faveur de la résidence alternée »

Emmanuel Macron nous répond, mais pas sur la résidence alternée…

En février, nous avons écrit aux cinq candidats dont les sondages montrent qu’ils peuvent devenir président de la République pour leur demander leur avis sur la résidence alternée. Après la réponse très décevante de Benoît Hamon (voir notre billet du 5 avril 2017), nous avons reçu un mel de l’équipe d’Emmanuel Macron. Continuer la lecture de « Emmanuel Macron nous répond, mais pas sur la résidence alternée… »

Selon Hamon, la résidence alternée est potentiellement très dangereuse

Nous avons écrit aux cinq candidats dont les sondages montrent qu’ils peuvent devenir président de la République pour leur demander leur avis sur la résidence alternée (voir notre billet du 8 mars 2017). Nous leur avons posé trois questions précises qui permettraient de mettre la loi française au niveau de celle de la Belgique, voire de faire les améliorations auxquelles les belges réfléchissent (voir notre billet du 26 octobre 2016). Nous précisions que la résidence alternée commençait pour le CIRA/ICSP à 5 jours par quinzaine de manière à ce que les enfants puissent construire ou renforcer des relations avec leurs deux parents (voir notre billet du 16 novembre 2016). Nous étions donc dans le cadre minimum et modéré de ce que visent les personnes qui réfléchissent au devenir des enfants et à l’équilibre des parents après séparation (voir notre billet du 17 février 2016).

Pour le moment et malgré plusieurs relances, seul Benoît Hamon a répondu, hier soir. Continuer la lecture de « Selon Hamon, la résidence alternée est potentiellement très dangereuse »

Le CIRA en Suisse, avec les associations de coparentalité

Samedi dernier à Lausanne se tenait l’assemblée annuelle du mouvement de la condition paternelle Vaud. Un débat a rassemblé des chercheurs, des juges, des psychologues et l’association suisse pour la coparentalité. Dans la salle 90 personnes environ, hommes et femmes, ont débattu ou fait part de leurs difficultés.

Parmi les intervenants, on comptait les deux vice-présidents du CIRA/ICSP : Chantal Clot-Grangeat représente les professionnels et Oliver Hunziker, la société civile.

La première est psychologue, thérapeute, docteure en psychologie. Le second est président de l’association suisse pour la coparentalité (GeCoBi).

Une intéressante soirée dont voici les premiers points forts. Continuer la lecture de « Le CIRA en Suisse, avec les associations de coparentalité »

Un trou dans les programmes politiques des prochaines élections

Cela n’aura échappé à personne, nous sommes entrés en campagne électorale pour les présidentielles et les législatives qui vont suivre. Les candidats peaufinent leurs programmes ou commencent à les publier en partie.

A ce que nous sachions, aucun programme n’a pris la mesure de l’immense problème créé par la résidence des enfants après divorce ou séparation de leurs parents. Or, c’est un problème grave qui touche des centaines de milliers de nos concitoyens (voir notre billet du 8 février 2017). Continuer la lecture de « Un trou dans les programmes politiques des prochaines élections »

Nouvelle année scolaire : des tunnels de plus pour les enfants

Après la coupure du mois d’août, nous reprenons la parution hebdomadaire de notre blog. Merci pour les messages de soutien que vous nous avez envoyés.

franceDans ce blog, notre objectif premier est le maintien et l’amélioration du bienêtre de l’enfant dans les situations de divorce et de séparation. Soyons clairs, les choses commencent mal et s’annoncent difficiles sur le plan des alternances pour les enfants qui ne voient leur père, ou leur mère, que deux jours toutes les deux semaines. Et ils sont nombreux ! Continuer la lecture de « Nouvelle année scolaire : des tunnels de plus pour les enfants »

Le blog est en deuil

Le blog est en deuil.

P_choucas_1Notre beau-frère si proche est décédé cette semaine. C’était un magnifique passeur et dynamiseur de la culture pastorale. Comme bien des gens de l’Alpe il avait le goût de la rencontre, le sens d’apprendre des autres venus d’ailleurs. Il dépassait les préjugés pour faire se rencontrer les cultures et permettre à toutes et tous, quelle que soit sa langue ou sa culture, de vivre mieux sa vie d’ici.

Son conjoint reste seul. Ils ont traversé une bonne partie du siècle dernier dans une société qui les réprimait à cause de leur orientation sexuelle. Ils ont connu heureusement les évolutions qui leur ont finalement permis de bénéficier du mariage pour tous.

Nous faisons le vœu que ce parcours puisse aider les acteurs des affaires familiales à prendre des décisions qui privilégient la vie des enfants, des hommes et des femmes d’aujourd’hui sans tenir compte des préjugés forgés par la politique, la culture et les religions.

Les mères ne sont pas destinées à garder seules leurs enfants, les pères ne peuvent pas se contenter d’un week-end sur deux, les enfants ne peuvent pas se débrouiller sans liens forts avec leurs deux parents, même s’ils vivent séparés. Les familles se composent et se recomposent, se font avec des parents de sexes différents ou non, mais les liens d’attachement sont les mêmes.