Le CIRA avec les associations suisses de coparentalité (suite)

Nous poursuivons le compterendu des points forts de l’assemblée annuelle du mouvement de la condition paternelle Vaud commencé dans notre billet de la semaine dernière (voir le billet du 22 mars 2017). Nous avons rapporté les interventions des chercheurs et des juges.

Dans ce billet nous présentons celles des deux vice-présidents du CIRA/ICSP : Chantal Clot-Grangeat, pour les professionnels, et Oliver Hunziger, pour la société civile. La première est psychologue, thérapeute, docteure en psychologie. Le second est président de l’association suisse pour la coparentalité (GeCoBi). Continuer la lecture de « Le CIRA avec les associations suisses de coparentalité (suite) »

Deux approches de psychologues sur la résidence alternée

La revue Cercle Psy, dans numéro du mois de mars 2017, propose un bref article « La Garde alternée : Pour ou contre ? »

Nous allons excuser le journaliste, Marc Olano, de faire comme s’il ignorait que la « garde » des enfants avait été remplacée par leur « résidence » depuis la loi de 2002. Quinze ans déjà…

Le changement de point de vue de la loi est, heureusement, passé dans le contenu de l’article qui interroge l’intérêt de l’enfant après séparation des parents.

Assez basiquement, le journaliste a interrogé deux psychologues dont il oppose les points de vue, Maurice Berger et Chantal Clot-Grangeat.

Que nous montre cet article ? Continuer la lecture de « Deux approches de psychologues sur la résidence alternée »

Le programme de la conférence NPO-ICSP 2017 est en ligne

Le comité scientifique de la conférence internationale sur la résidence alternée (NPO-ICSP 2017) a le plaisir d’annoncer le programme provisoire de la conférence.

twohomes.orgSur le thème « Recherches sur la résidence alternée : Un tournant dans la compréhension du meilleur intérêt de l’enfant ? », de nombreux experts du champ de la résidence alternée – représentant à la fois les scientifiques et les professionnels de la famille – présenteront leurs résultats de recherche et leurs expériences pratiques lors de cet événement international et interdisciplinaire. Continuer la lecture de « Le programme de la conférence NPO-ICSP 2017 est en ligne »

Beaucoup de cas cliniques ne font pas une politique publique

Notre article dans le journal en ligne The Conversation continue de rencontrer un intérêt que nous n’avions pas soupçonné. Ce sont près de 20 000 lecteurs qui l’ont lu et partagé en deux semaines. Les commentaires sur l’article continuent de se multiplier aussi et les réponses nous ont pris beaucoup de temps. D’où notre petit retard de publication aujourd’hui.

Ces commentaires nous permettent de démonter quelques idées reçues qui bloquent la réflexion en France. La semaine dernière nous avions répondu aux critiques d’un professeur expert en psychologie (voir notre billet du 1° février 2017). Aujourd’hui, nous répondons aux personnes qui suivent l’avis de ces spécialistes.

L’avis de quelques spécialistes ne peut pas faire une règle générale

Un commentaire avance que « les spécialistes en santé mentale infantile, à condition d’être exempts de toute idéologie personnelle, sont mieux placés que quiconque pour connaître le développement infantile et ses besoins spécifiques reconnus par les neurosciences. »

Pour nous, les spécialistes doivent éviter les arguments d’autorité. Ce n’est pas parce que des spécialistes reconnus s’expriment qu’ils ont raison. D’ailleurs, en ce qui concerne le sujet de notre article, il se trouve que, au niveau international, de nombreux spécialistes de la santé mentale infantile ont des résultats inverses que ceux auxquels arrivent McIntosh et Solomon sur lesquels s’appuie ce commentaire.

Pour nous, ce qui importe c’est de regarder les méthodologies des recherches : comment s’y prennent les chercheurs pour produire leurs résultats et leurs conclusions.

Une méthodologie très précise et exemplaire est utilisée par Fabricius. A partir de plus de 100 cas, son étude montre que même avant 2 ans, la résidence alternée est meilleure que la garde pleine (voir notre billet du 18 janvier 2017).

Une multitude de cas individuels ne fait pas une règle générale

Un commentaire dit qu’il vaut mieux « partir des constats cliniques observés par moult cliniciens et se référer aux études qui permettent d’expliquer les troubles ou symptômes des enfants concernés » que de se référer à des études à large échelle.

Pour nous, l’opposition entre “constats cliniques” et “études à grande échelle” est aujourd’hui dépassée car, en général, on reconnaît que les deux approches se complètent. Cependant, elles ne sont pas équivalentes car elles ont deux rôles différents. Les cas cliniques servent à détecter les difficultés individuelles et à chercher des moyens de les traiter. Les études à large échelle servent à évaluer comment ces difficultés sont vécues ou non par la population en général. Seules ces études, sur toute une population, peuvent éclairer les politiques publiques, les cas cliniques pouvant servir d’illustrations ou de nuances.

La constitution de l’échantillon de référence est un des problèmes de la recherche. Les scientifiques savent tous que la multiplication des cas ne suffit pas à démontrer une vérité. Souvent ces scientifiques utilisent une métaphore pour l’expliquer : ce n’est pas parce que nous ne voyons que des merles noirs qu’il ne peut pas exister de merles blancs car nous en découvrirons peut-être un jour.

Dans les argumentations des quelques spécialistes français qui s’opposent à la résidence alternée, l’échantillon est totalement biaisé. Les nombreux constats cliniques observés par ces cliniciens, et sur lesquels ils fondent leur opposition, viennent tous de la même sous-population : les enfants de parents séparés qui ont des difficultés telles qu’ils consultent un clinicien. Ces cas cliniques ne peuvent donc pas représenter la population car, par définition, ils oublient tous les enfants qui vont bien. Ces cas sont tout à fait intéressants mais dans leur domaine : celui du soin clinique.

Comme nous l’avons dit la semaine dernière : ce n’est pas parce que les thérapeutes de couples ne voient que des couples en difficulté qu’ils en déduisent qu’il faut interdire le mariage. Nous sommes dans la même situation avec les enfants en résidence alternée qui consultent des cliniciens.

L’étude des populations entières montre que les cas cliniques sont des exceptions

Des résultats identiques à ceux de Fabricius sont obtenus par l’équipe de Bergström et Frasson à partir de toute la population des adolescents en Suède.

Leurs études montrent que, pour les riches comme pour les pauvres, le bienêtre des adolescents qui vivent fréquemment chez leurs deux parents est meilleur que celui des jeunes qui ne vivent que chez un seul parent. Elles montrent aussi que le bienêtre des adolescents qui vivent en résidence alternée égalitaire est proche de celui des adolescents vivant dans des familles non séparées.

200 000 enfants par an dans les couples séparés

Notre article dans le journal en ligne The Conversation a rencontré un intérêt que nous n’avions pas soupçonné. Repris par d’autres journaux, twitté et retwitté, il a été lu par plus  de 18 600 lecteurs en une semaine. Cela démontre, s’il en était besoin, que la question de la résidence des enfants après la séparation de leurs parents est bien une question sociale et politique actuelle.

Les commentaires sur l’article nous permettent d’en préciser certains éléments. Le commentaire d’un psychologue expert, en effet, illustre l’une des idées bien ancrées qui sont évoquées en tête de l’article et qui bloquent la réflexion en France à propos de la résidence des enfants après séparation de leurs parents. Un des blocages découle de la prétention de certains spécialistes, comme ce psychologue renommé, à savoir comment les choses se passent dans la « vraie vie » et de leur rejet dans « l’ineptie », pour reprendre ses propres termes, de toute autre approche que la leur, notamment par les statistiques.

Des centaines de milliers de mineurs sont concernés

Ce professeur de psychologie oppose l’étude de la condition de vie des enfants des couples séparés, à partir de méthodes scientifiques, à la force des exemples vécus tirés de ses consultations. Cette prétendue opposition est souvent utilisée par certains tenants de l’approche pédopsychiatrique en ce qui concerne la résidence alternée. Il nous faudrait pourtant savoir utiliser les arguments qui correspondent à la question en jeu.

La question qui nous est posée est celle des conditions de vie et de développement des 200 000 enfants qui chaque année sont concernés par la séparation de leur parent et dont 75 % vivent essentiellement chez leur mère, beaucoup ne rencontrant leur père que 4 jours par mois. Les conséquences délétères de cette situation, pour les enfants mais aussi pour les mères seules, sont bien connues.

Cette question de santé publique doit donc se traiter avec les outils des politiques publiques, c’est-à-dire la recherche de données dans de grands échantillons et leur traitement statistique. Des « vignettes » qui éclairent la réalité de quelques personnes dans ces populations sont souvent utilisées pour faire comprendre à quoi correspondent les résultats, et ce sont d’utiles illustrations complémentaires.

Cet expert utilise des exemples tirés de ces consultations. Comme tous ceux de ses collègues, ses exemples sont toujours frappants, voire sidérants pour les non-spécialistes, mais, par là-même, ils troublent le débat sur les choix politiques plus qu’ils ne l’éclairent.

Réfléchissons en termes d’ensembles, comme en mathématique : à l’intérieur de la population de centaines de milliers de familles concernées par la séparation, seule une partie des enfants a besoin d’un support psychologique et parmi ces enfants, il faudrait déduire ceux qui, de toutes manières, auraient des difficultés, que leurs parents soient séparés ou non. Cette petite partie de la population est tout à fait respectable et elle doit bénéficier d’une approche personnalisée mais elle ne peut pas guider, à elle seule, les choix politiques.

Prenons un exemple, nous aussi :

Les psychologues thérapeutes de couples ne rencontrent que des couples qui ont des difficultés mais ils n’en déduisent pas que le mariage ou le concubinage sont dangereux et ils ne font pas campagne pour que mariage et concubinage soient écartés de la loi.

En résumé, l’approche psychologique est essentielle pour les personnes qui en ont besoin mais elle n’est pas la plus appropriée pour parler des besoins de populations entières.

L’arrangement classique, 2jours-12jours, devrait devenir minoritaire

Le psychologue qui commente l’article méprise le seuil de 35% du temps identifié par les études citées mais il les rejoint pour dire que ce qui compte, c’est la qualité du lien entre chaque parent et leurs enfants. A partir de ce dernier constat, plutôt trivial, il est assez facile de faire l’hypothèse que la qualité du lien va dépendre, entre autres facteurs, du nombre d’opportunités que les enfants auront de rencontrer chaque parent.

Cette hypothèse est vérifiée dans toutes les recherches actuelles : les résultats montrent qu’il faut au-moins 35 % de temps pour que les enfants puissent construire avec chaque parent des relations suffisamment fortes pour réduire les dommages provoqués par la séparation et que lorsque les enfants peuvent passer 50 % du temps avec chaque parent, ils ont un niveau de bienêtre équivalent à ceux des familles non-séparées, intactes.

Certains pédopsychiatres français se réfèrent à des études anciennes mais celles-ci comportaient des faiblesses méthodologiques corrigées par les études récentes.

En résumé, si l’on ne parle pas de pourcentages de temps mais de jours, c’est à partir de l’arrangement 5-9 (5 jours avec un parent et 9 avec l’autre, sur une période de deux semaines) que les enfants disposent d’assez de temps pour construire des relations affectives stables avec leurs deux parents. L’arrangement dit classique, un week-end sur deux, autrement dit 2-12, devrait donc devenir extrêmement minoritaire.

Un champ d’initiative pour les programmes politiques

Tout comme les délégués de l’Assemblée Parlementaire du Conseil Européen, et tout particulièrement de la députée du Luxembourg, Françoise Hetto-Gaash, nous pensons que la nouvelle frontière de l’égalité entre les femmes et les hommes passe par un plus grand respect de la responsabilité des pères dans l’éducation de leurs enfants.

Donc par une promotion de la résidence alternée et, surtout, par la limitation, à quelques cas exceptionnels, de l’utilisation de l’arrangement dit classique, un week-end sur deux, c’est-à-dire 2 jours par quinzaine.

Les politiques qui rédigent les programmes pour le prochain quinquennat ont là une belle opportunité de travailler à une meilleure égalité entre les femmes et les hommes.

Même avant 2 ans, la résidence alternée est meilleure que la garde pleine

Une étude par l’équipe de W. Fabricius et récemment publiée dans une revue scientifique américaine montre que la résidence alternée est bénéfique aux enfants de parents séparés dès le plus jeune âge, avant 3 ans.

La question de l’âge à partir duquel les enfants peuvent tirer avantage, ou au moins ne pas être pénalisés, par le partage de la résidence entre leurs deux parents est une question importante qui n’avait pas reçu de réponse fondée sur des preuves scientifiques convaincantes. Dans le débat français, certains pédopsychiatres ont pétitionné pour une interdiction de cet arrangement avant 6 ans puis, sans justifier le changement, ces professionnels ont abaissé le seuil à 3 ans (voir notre billet du 2 novembre 2016). La recherche de Fabricius va permettre d’éclairer le débat grâce à des faits et à des données tirés d’un large échantillon de plus de 100 jeunes étudiants ayant vécu très jeune la séparation de leurs parents. Continuer la lecture de « Même avant 2 ans, la résidence alternée est meilleure que la garde pleine »

2017 : une année de choix politiques pour les enfants et les parents séparés

Souhaitons que 2017 soit une belle année pour les enfants et les parents, pour toutes les familles, classiques ou pas, séparées ou recomposées.

Durant l’année écoulée, près de cinquante billets ont été publiés sur ce blog. Un nombre de plus en plus important de lecteurs les ont suivis ou transférés sur les réseaux sociaux.

Soyez toutes et tous remerciés car c’est ainsi que nous participerons, peut-être, au changement des représentations à propos de la résidence des enfants des parents séparés en France.

Faisons un rapide bilan de 2016 et traçons des perspectives pour 2017. Continuer la lecture de « 2017 : une année de choix politiques pour les enfants et les parents séparés »

Témoignage : les détails de l’arrangement peuvent nourrir le conflit

Nous poursuivons le témoignage d’un père, que nous avons appelé Enzo. Il a deux enfants qui avaient 3 et 6 ans au moment de la séparation, il y a 6 ans. Ces enfants vivent en résidence alternée sous un rythme 6-8 qui leur permet de vivre avec leurs deux parents. En revanche, le statut du père est celui de « visiteur », la résidence principale étant chez la mère. Ce père et son expérience permettent de poser la question de la fabrique de la décision de justice en ce qui concerne la résidence des enfants et comment cette décision peut nourrir la volonté de conflit d’un parent (voir notre billet du 1° décembre 2016).

Ce témoignage que nous avons reçu est long. Nous le traitons en plusieurs billets (voir notre billet du 7 décembre). Celui d’aujourd’hui aborde les questions du conflit parental et de la gestion financière. Continuer la lecture de « Témoignage : les détails de l’arrangement peuvent nourrir le conflit »

La vie des enfants après divorce : une question de santé publique

La revue Health Psychologie Open publie un article du médecin italien Vittorio Carlo Vezzetti qui bouscule l’approche classique de la vie des enfants après séparation des parents. Pour lui, il s’agit d’une question de santé publique internationale et non pas seulement d’un choix législatif national. Il fonde cette proposition novatrice sur une synthèse des compte-rendus de recherches publiés par les revues scientifiques internationales.

doctorLa séparation parentale concerne 10 millions d’enfants en Europe et représente la première cause de perte d’un parent puisque, dans 40 % des cas pour certains pays, de nombreux enfants vivent avec un seul parent et ne rencontrent plus assez l’autre parent, souvent le père. Cette perte peut s’ajouter à d’autres dommages telle que l’exposition au conflit des parents, voire aux violences domestiques. Le médecin italien appelle donc à étudier la question du divorce sous l’angle de ses conséquences sur la santé des enfants. Continuer la lecture de « La vie des enfants après divorce : une question de santé publique »

Témoignage : résidence alternée égalitaire adaptée après médiation

Nous poursuivons notre exploration de la mise en place de la résidence alternée par les couples d’aujourd’hui. La résidence alternée est l’objet de nombreuses fausses conceptions et nous essayons de faire la lumière sur les facteurs favorables au bienêtre des enfants dont les parents sont séparés.

Le premier témoignage publié, celui de Didier, a été lu et transféré par de très nombreuses personnes (voir notre billet du 16 novembre 2016). Nous sommes donc encouragés à poursuivre cette piste.

Cette semaine, mere-enfant-4nous présentons le témoignage d’une mère, que nous appellerons Alexia, qui a deux enfants qui vivent, depuis 3 ans, une alternance 2-3 plus un week-end sur deux. Le père et la mère n’étaient pas en conflit lors de la mise en place de cet arrangement et ils ne le sont toujours pas aujourd’hui ! Ils n’ont pas fait appel à la Justice mais ils ont organisé une médiation familiale. Les enfants ont aujourd’hui 5 et 8 ans. Continuer la lecture de « Témoignage : résidence alternée égalitaire adaptée après médiation »

Témoignage : une résidence alternée qui apaise le conflit parental

La résidence alternée est mal connue, source de nombreuses fausses conceptions et de débats mal fondés. Nous avons publié de nombreux résultats de recherche, souvent conduites à l’étranger. Pour mieux connaître la situation en France, nous allons tenter de publier des témoignages de parents vivant la résidence alternée. Nous essaierons de faire la lumière sur les facteurs favorables et sur les conditions pratiques de mise en place, dans le but de renforcer le bienêtre des enfants.

Voici un premier témoignage, celui d’un homme que nous appellerons Didier, le père d’une fillette de 4 ans et demi, dont les parents sont séparés depuis qu’elle a 2 ans. Continuer la lecture de « Témoignage : une résidence alternée qui apaise le conflit parental »

Nouvelle année scolaire : des tunnels de plus pour les enfants

Après la coupure du mois d’août, nous reprenons la parution hebdomadaire de notre blog. Merci pour les messages de soutien que vous nous avez envoyés.

franceDans ce blog, notre objectif premier est le maintien et l’amélioration du bienêtre de l’enfant dans les situations de divorce et de séparation. Soyons clairs, les choses commencent mal et s’annoncent difficiles sur le plan des alternances pour les enfants qui ne voient leur père, ou leur mère, que deux jours toutes les deux semaines. Et ils sont nombreux ! Continuer la lecture de « Nouvelle année scolaire : des tunnels de plus pour les enfants »

Réduire le temps de travail pour plus d’égalité femmes-hommes

Le quotidien en ligne Médiapart diffuse un rapport inédit de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS), d’autres journaux reprennent cette information. Ce rapport concerne l’emploi et la réduction du temps de travail. Si elle est bien menée, disent ces inspecteurs, la réduction du temps de travail peut améliorer l’égalité entre les femmes et les hommes.

Pour notre part, nous stemps travailommes persuadés que la résidence alternée progressera avec celle de l’égalité au travail entre les pères et les mères. C’est ce que nous avons expliqué à la suite de l’article de la revue Alternatives Économiques à propos de la Suède, dans notre billet du 20 avril 2016. Les propositions des inspecteurs de l’IGAS qui ont rédigé ce rapport vont dans ce sens. Continuer la lecture de « Réduire le temps de travail pour plus d’égalité femmes-hommes »

CIRA au Conseil de l’Europe : la santé physique et la résidence alternée

Les membres du CIRA/ICSP ont rencontré les parlementaires du conseil de l’Europe et tout particulièrement la députée du Luxembourg, Françoise Hetto-Gaasch.

Nous avons présenté leCIRA_APCE_20160622_3 CIRA, le conseil sur la résidence alternée, qui rassemble des scientifiques, des professionnels et des acteurs de la société civile à parts équivalentes avec une répartition égalitaire des genres des membres du bureau dirigeant. Nous avons aussi donné les conclusions des derniers colloques que l’on peut trouver sur le site du CIRA.

Les points essentiels étaient la présentation des résultats des recherches récentes. Ce sont ces points qui ont marqué les députés présents.

La santé des enfants n’est pas protégée également en Europe

Pour les lecteurs de ce blog, ce qui est nouveau c’est la présentation du docteur Vittorio Vezzetti qui s’intéresse aux dégâts physiologiques et biologiques créés par la perte d’un parent.

Selon ce pédiatre italien, on a démontré que la perte d’un parent est à l’origine de complications comme l’augmentation chronique du cortisol et ceci est corrélé à plusieurs maladies dans l’âge adulte (dépression, ostéoporose, obésité, hyperglycémie, etc.). De plus, selon les plus récentes recherches, ces effets peuvent concerner les autres hormones avec des conséquences encore inimaginables il y a dix ans. Or, le risque de perte parentale après le divorce est étroitement corrélé à la résidence unique qui prévaut dans la plupart des états.

En conséquence, la santé des enfants, et des adultes qu’ils deviendront, n’est pas protégée de la même façon dans tous les pays d’Europe. Le problème vient que cette question a été toujours traitée à tort, comme une question locale de droit de famille. Les recherches en santé montrent, au contraire, qu’il s’agit d’un thème général de santé publique et de droit à la santé des enfants. Sur cette question, la Communauté Européenne pourrait avoir une ligne directrice commune.

Vittorio Vezzetti appelle les députés à passer d’un champ purement juridique à un champ scientifique afin d’établir en Europe des lignes directrices fondées sur les résultats convergents de la recherche scientifique accréditée.

Les autres intervenants ont ensuite rappelé les avantages de la résidence alternée égalitaire sur la santé psychique des enfants et des adolescents (voir notre billet du 27 janvier 2016). Ils ont souligné encore que le conflit des parents, réel ou entretenu par un parent, ne peut conduire à pénaliser les enfants en les éloignant d’un parent (voir notre billet du 9 mars 2016).

Une action qui va se poursuivre

Les participants, orateurs et députés, ont décidé de poursuivre ce genre de présentation qui n’est ni partisane ni réductrice et qui se centre sur le bienêtre et le devenir des enfants, quelles que soient les péripéties de la vie de leurs parents.

Aliénation parentale : situation délicate pour les professionnels de la famille

Nous continuons le billet de la semaine dernière. Pour les psychiatres et psychologues cités dans l’article de Sciences Humaines du mois de mai 2016, le parent qui manipule son enfant pour l’aliéner de l’autre parent a souvent une personnalité fragile. Sa campagne de dénigrement de l’ex-conjoint et sa volonté de garder exclusivement les enfants serait une lutte contre sa propre dépression.

lonely_MPour ces parents aliénants, expliquent ces spécialistes, l’enfant est un prolongement de soi, c’est leur signe de réussite sociale. Ces personnes vivent dans un chaos émotionnel construit sur la haine et la jalousie. Elles passent toute leur énergie à envenimer les relations et à créer des situations de blocage. Continuer la lecture de « Aliénation parentale : situation délicate pour les professionnels de la famille »

Parent manipulateur : que vit l’enfant dans la rupture du lien ?

La revue Sciences Humaines de ce mois de mai 2016 produit un intéressant dossier pour comprendre ce qu’on appelle l’aliénation parentale : des parents se séparent et se déchirent, un enfant est manipulé par l’un de ses parents et finit par rejeter l’autre parent. L’article de Marc Olano donne des exemples de cette manipulation qui conduit au rejet, que l’on appelle aliénation pour dire qu’il y a rupture de lien, que l’autre devient un étranger (un alien).

Selon le journaliste, l’aliénation parentale est un phénomène en augmentation pour deux raisons. D’abord, du fait que nos sociétés produisent des comportements narcissiques : priorité à l’image que l’on donne aux autres dans l’instant plutôt qu’aux relations authentiques dans la durée. Ensuite, l’équilibre des rôles entre les femmes et les hommes dans la famille a changé. Continuer la lecture de « Parent manipulateur : que vit l’enfant dans la rupture du lien ? »

Où en sont les jeunes adultes ayant vécu en résidence alternée ?

Nous poursuivons le billet de la semaine dernière. L’équipe de Fabricius a testé 72 étudiants de licence dont les parents avaient divorcé quand ils avaient moins de 3 ans. Les résultats montrent que la relation à la mère n’est pas atteinte pour les étudiants qui ont passé de nombreuses nuitées avec leur père quand ils avaient moins de 3 ans. En revanche, la relation au père est détériorée pour les jeunes adultes quand ils n’ont pas eu l’occasion de passer de nombreuses nuitées avec leur père lorsqu’ils étaient jeunes enfants. Continuer la lecture de « Où en sont les jeunes adultes ayant vécu en résidence alternée ? »

Vivre à égalité avec son père et sa mère soutient les relations aux deux parents

Nous avons repéré sur le net une intéressante communication de William Fabricius dans un colloque au Texas pour l’association des tribunaux familiaux (AFCC). A partir de recherches statistiques sur de grands échantillons et qui suivent les enfants sur plusieurs années, le chercheur américain montre qu’il est bénéfique d’augmenter le temps passé avec les deux parents pour les très jeunes enfants, même en cas de haut conflit. Ce temps régulier et fréquent passé avec les deux parents les protège à long terme contre la détérioration du lien à leur deux parents, le père et la mère, et contre les méfaits du conflit des parents. Continuer la lecture de « Vivre à égalité avec son père et sa mère soutient les relations aux deux parents »

Résidence pleine : les enfants sont dans le tunnel d’avril

cal-alt_fev-avr-2016Notre billet du 3 février 2016 avait montré comment les enfants en résidence pleine chez un de leur parent, souvent la mère, souffraient de la succession des semaines paires et impaires qui se croisent avec les vacances scolaires pour créer de longs tunnels de trois semaines sans rencontrer l’autre parent, souvent le père.

En clair, avec ce système, la mère est surchargée de responsabilités et le père est coupé des relations simples, quotidiennes et régulières avec ses enfants. Continuer la lecture de « Résidence pleine : les enfants sont dans le tunnel d’avril »

Réussir la résidence alternée du côté des parents

Des magazines féminins proposent des conseils aux mères qui s’installent dans la résidence alternée et ne voient donc leurs enfants qu’une semaine sur deux. Dans la perspective de ce blog qui soutient l’équilibre entre les femmes et les hommes, nous essayons de reprendre ces conseils pour les deux genres. Il reste que les pères qui ne vivent pas cette situation d’alternance avec leurs enfants sont trop nombreux. Continuer la lecture de « Réussir la résidence alternée du côté des parents »