Un trou dans les programmes politiques des prochaines élections

Cela n’aura échappé à personne, nous sommes entrés en campagne électorale pour les présidentielles et les législatives qui vont suivre. Les candidats peaufinent leurs programmes ou commencent à les publier en partie.

A ce que nous sachions, aucun programme n’a pris la mesure de l’immense problème créé par la résidence des enfants après divorce ou séparation de leurs parents. Or, c’est un problème grave qui touche des centaines de milliers de nos concitoyens (voir notre billet du 8 février 2017). Continuer la lecture de « Un trou dans les programmes politiques des prochaines élections »

Beaucoup de cas cliniques ne font pas une politique publique

Notre article dans le journal en ligne The Conversation continue de rencontrer un intérêt que nous n’avions pas soupçonné. Ce sont près de 20 000 lecteurs qui l’ont lu et partagé en deux semaines. Les commentaires sur l’article continuent de se multiplier aussi et les réponses nous ont pris beaucoup de temps. D’où notre petit retard de publication aujourd’hui.

Ces commentaires nous permettent de démonter quelques idées reçues qui bloquent la réflexion en France. La semaine dernière nous avions répondu aux critiques d’un professeur expert en psychologie (voir notre billet du 1° février 2017). Aujourd’hui, nous répondons aux personnes qui suivent l’avis de ces spécialistes. Continuer la lecture de « Beaucoup de cas cliniques ne font pas une politique publique »

200 000 enfants par an dans les couples séparés

Notre article dans le journal en ligne The Conversation a rencontré un intérêt que nous n’avions pas soupçonné. Repris par d’autres journaux, twitté et retwitté, il a été lu par plus  de 18 600 lecteurs en une semaine. Cela démontre, s’il en était besoin, que la question de la résidence des enfants après la séparation de leurs parents est bien une question sociale et politique actuelle.

Les commentaires sur l’article nous permettent d’en préciser certains éléments. Le commentaire d’un psychologue expert, en effet, illustre l’une des idées bien ancrées qui sont évoquées en tête de l’article et qui bloquent la réflexion en France à propos de la résidence des enfants après séparation de leurs parents. Un des blocages découle de la prétention de certains spécialistes, comme ce psychologue renommé, à savoir comment les choses se passent dans la « vraie vie » et de leur rejet dans « l’ineptie », pour reprendre ses propres termes, de toute autre approche que la leur, notamment par les statistiques. Continuer la lecture de « 200 000 enfants par an dans les couples séparés »

Témoignage : quand la justice freine la coparentalité

Nous terminons la publication du témoignage du père que nous avons appelé Enzo.

Cette personne et son expérience permettent de poser la question de la fabrique de la décision de justice en ce qui concerne la résidence des enfants, comment cette décision peut nourrir la volonté de conflit d’un parent et mettre en péril la situation financière d’un parent (voir nos billets des 1° et 8 décembre 2016).

Ce témoignage est long, nous l’avons traité en plusieurs semaines. Ce dernier billet aborde le fonctionnement de la justice familiale. Continuer la lecture de « Témoignage : quand la justice freine la coparentalité »

2017 : une année de choix politiques pour les enfants et les parents séparés

Souhaitons que 2017 soit une belle année pour les enfants et les parents, pour toutes les familles, classiques ou pas, séparées ou recomposées.

Durant l’année écoulée, près de cinquante billets ont été publiés sur ce blog. Un nombre de plus en plus important de lecteurs les ont suivis ou transférés sur les réseaux sociaux.

Soyez toutes et tous remerciés car c’est ainsi que nous participerons, peut-être, au changement des représentations à propos de la résidence des enfants des parents séparés en France.

Faisons un rapide bilan de 2016 et traçons des perspectives pour 2017. Continuer la lecture de « 2017 : une année de choix politiques pour les enfants et les parents séparés »

Témoignage : les détails de l’arrangement peuvent nourrir le conflit

Nous poursuivons le témoignage d’un père, que nous avons appelé Enzo. Il a deux enfants qui avaient 3 et 6 ans au moment de la séparation, il y a 6 ans. Ces enfants vivent en résidence alternée sous un rythme 6-8 qui leur permet de vivre avec leurs deux parents. En revanche, le statut du père est celui de « visiteur », la résidence principale étant chez la mère. Ce père et son expérience permettent de poser la question de la fabrique de la décision de justice en ce qui concerne la résidence des enfants et comment cette décision peut nourrir la volonté de conflit d’un parent (voir notre billet du 1° décembre 2016).

Ce témoignage que nous avons reçu est long. Nous le traitons en plusieurs billets (voir notre billet du 7 décembre). Celui d’aujourd’hui aborde les questions du conflit parental et de la gestion financière. Continuer la lecture de « Témoignage : les détails de l’arrangement peuvent nourrir le conflit »

Témoignage : prendre garde aux détails de l’arrangement

Nous poursuivons la publication de témoignages qui montrent la diversité des pratiques de résidence alternée dans lesquelles les parents se débrouillent pour que leurs enfants puissent continuer à vivre avec chacun d’eux, malgré la séparation du couple.

Le premier témoignage, celui de Didier, père de deux jeunes enfants, montre comment la résidence alternée peut apaiser le conflit entre les parents (voir le billet du 16 novembre 2016). Le deuxième témoignage, celui d’Alexia, la mère de deux jeunes enfants également, montre comment la médiation, même en l’absence de conflit parental, peut faciliter la poursuite de la résidence alternée, notamment en permettant d’aborder les questions financières (voir le billet du 23 novembre 2016). Dans les deux cas, les enfants ont des résultats scolaires satisfaisants et sont en bonne santé. Dans les deux cas, contrairement à une idée reçue, les parents ne sont pas particulièrement aisés.

Aujourd’hui nous poursuivons avec le témoignage d’un père, que nous appellerons Enpere-deux-enfantszo.

Ce père de deux enfants est séparé de leur mère depuis près de 6 ans. Lors de la séparation, les enfants avaient 3 et 6 ans. Les parents sont petit artisan et travailleur indépendant. Continuer la lecture de « Témoignage : prendre garde aux détails de l’arrangement »

La vie des enfants après divorce : une question de santé publique

La revue Health Psychologie Open publie un article du médecin italien Vittorio Carlo Vezzetti qui bouscule l’approche classique de la vie des enfants après séparation des parents. Pour lui, il s’agit d’une question de santé publique internationale et non pas seulement d’un choix législatif national. Il fonde cette proposition novatrice sur une synthèse des compte-rendus de recherches publiés par les revues scientifiques internationales.

doctorLa séparation parentale concerne 10 millions d’enfants en Europe et représente la première cause de perte d’un parent puisque, dans 40 % des cas pour certains pays, de nombreux enfants vivent avec un seul parent et ne rencontrent plus assez l’autre parent, souvent le père. Cette perte peut s’ajouter à d’autres dommages telle que l’exposition au conflit des parents, voire aux violences domestiques. Le médecin italien appelle donc à étudier la question du divorce sous l’angle de ses conséquences sur la santé des enfants. Continuer la lecture de « La vie des enfants après divorce : une question de santé publique »

Témoignage : résidence alternée égalitaire adaptée après médiation

Nous poursuivons notre exploration de la mise en place de la résidence alternée par les couples d’aujourd’hui. La résidence alternée est l’objet de nombreuses fausses conceptions et nous essayons de faire la lumière sur les facteurs favorables au bienêtre des enfants dont les parents sont séparés.

Le premier témoignage publié, celui de Didier, a été lu et transféré par de très nombreuses personnes (voir notre billet du 16 novembre 2016). Nous sommes donc encouragés à poursuivre cette piste.

Cette semaine, mere-enfant-4nous présentons le témoignage d’une mère, que nous appellerons Alexia, qui a deux enfants qui vivent, depuis 3 ans, une alternance 2-3 plus un week-end sur deux. Le père et la mère n’étaient pas en conflit lors de la mise en place de cet arrangement et ils ne le sont toujours pas aujourd’hui ! Ils n’ont pas fait appel à la Justice mais ils ont organisé une médiation familiale. Les enfants ont aujourd’hui 5 et 8 ans. Continuer la lecture de « Témoignage : résidence alternée égalitaire adaptée après médiation »

Témoignage : une résidence alternée qui apaise le conflit parental

La résidence alternée est mal connue, source de nombreuses fausses conceptions et de débats mal fondés. Nous avons publié de nombreux résultats de recherche, souvent conduites à l’étranger. Pour mieux connaître la situation en France, nous allons tenter de publier des témoignages de parents vivant la résidence alternée. Nous essaierons de faire la lumière sur les facteurs favorables et sur les conditions pratiques de mise en place, dans le but de renforcer le bienêtre des enfants.

Voici un premier témoignage, celui d’un homme que nous appellerons Didier, le père d’une fillette de 4 ans et demi, dont les parents sont séparés depuis qu’elle a 2 ans. Continuer la lecture de « Témoignage : une résidence alternée qui apaise le conflit parental »

Résidence alternée : de quoi parle-t-on ?

La résidence alternée est le thème d’une série d’articles et de dossiers dans les médias, cet automne. Ce regain d’intérêt nous encourage à mieux définir ce que c’est que la résidence alternée. Combien d’enfants et de familles sont concernés ? Quel arrangement de résidence est bénéfique ?

Chaque année, 200 000 enfants concernés par la séparation de leurs parents

infostatLe nombre d’enfants concernés par la séparation de leurs parents est important. Les statistiques du ministère de la Justice donnent 200 000 enfants concernés par les 126 000 divorces jugés en 2012.

Les chiffres de l’INSEE montrent un état assez stable des divorces ces dernières années. Continuer la lecture de « Résidence alternée : de quoi parle-t-on ? »

Avoir la volonté politique d’améliorer le sort des enfants des couples séparés

Les responsables politiques, y compris l’actuelle ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmes, ne voient pas tous, loin de là, la nécessité de modifier la loi sur le mode de résidence des enfants de parents séparés. Ces personnes ont recours à quelques arguments, toujours les mêmes. Ces justifications, de plus en plus usées, leur permettent de conserver le statu quo quant aux rôles de chaque parent dans la famille (voir notre billet du 16 mars 2016).

sully-facadeCes justifications tiennent à l’âge des enfants et au respect des demandes des parents. Continuer la lecture de « Avoir la volonté politique d’améliorer le sort des enfants des couples séparés »

Inscrire la priorité à la résidence alternée dans les programmes politiques

Nous entrons dans le vif de la campagne pour les présidentielles et les législatives qui vont suivre. Quels sont les candidats qui vont se préoccuper des droits des enfants dont les parents se sont séparés ? Les responsables politiques qui s’intéressent à la vie quotidienne de ces nombreux enfants et de leurs parents devraient reprendre à leur compte un amendement adopté par le Sénat durant le dernier quinquennat mais retoqué par l’Asbbr-face-nov2015semblée Nationale. Comme cela existe en Belgique, cet amendement préconise de proposer en priorité la résidence alternée égalitaire.

L’objet de l’amendement précise que « bien que la loi ait progressivement établi l’autorité parentale conjointe, force est de constater que dans le cadre des affaires de divorce, la garde des enfants revient à la mère dans une très grande majorité des cas. Si la justice ne doit pas pouvoir imposer la résidence alternée des enfants en cas de divorce, rien, en revanche, ne doit pouvoir l’empêcher lorsqu’un des parents la demande. Il relève de l’intérêt de l’enfant d’être éduqué par ses deux parents dans une proportion équilibrée. »

Continuer la lecture de « Inscrire la priorité à la résidence alternée dans les programmes politiques »

Difficultés scolaires pour les enfants qui vivent avec un seul parent

Le nombre d’enfants vivant en foyer monoparental représente une part de plus en plus importante des familles avec enfants en France. Selon les derniers chiffres de l’INSEE portant sur les décisions des JAF de l’année 2012, un peu plus de sept enfants sur dix (75%) vivent uniquement chez la mère, moins d’un sur dix (8%) chez le seul père et moins de deux sur dix (17%) vivent en résidence alternée.

Pour la seule année 2012, ce sont environ 150 000 enfants sur les 200 000 environ dont les parents se sont séparés qui vivent chez leur mère. Les statistiques du ministère de la Justice, datant de 2015, montrent que pour la majorité des cas (57%) ces enfants se retrouvent coupés de leur père durant deux semaines de classe avant de le retrouver pour un week-end et de le voir la moitié des vacances scolaires.

On pecoleeut penser que cette situation de déséquilibre a des conséquences sur la réussite des enfants à l’école.

Les services statistiques du ministère de l’Éducation Nationale ont conduit une étude pour répondre à cette question à partir d’un échantillon de 35 000 enfants entrés au collège en 2007. Continuer la lecture de « Difficultés scolaires pour les enfants qui vivent avec un seul parent »

Un week-end sur deux = 6 jours en 10 semaines

L’arrangement « un week-end sur deux plus la moitié des vacances » donne l’impression d’une répartition acceptable des moments où les enfants peuvent vivre avec chacun de leurs parents. Mais compter les jours de présence des enfants avec chacun des parents, fait apparaître une réalité très différente. De plus, la coupure des vacances de Toussaint en milieu de semaine, complique la situation des enfants dont les parents sont séparés. Voyons comment ces enfants ont pu rencontrer chacun de leurs parents ces derniers mois.

Selon les jugements, les enfants ont quitté le parent non-résident, la plupart du temps leur père, vers le 20 août et sont partis 2 semaines avec le parent résirythmedent, donc souvent leur mère. Ils sont rentrés un week-end impair (donc sans le père) puis sont restés avec leur mère pour la semaine de la rentrée des classes. Après ce premier tunnel, ils voient leur père un week-end après 3 semaines d’absence (voir notre billet du 7 septembre 2016). Continuer la lecture de « Un week-end sur deux = 6 jours en 10 semaines »

Et si la résidence alternée devenait la première option ?

Et si la loi française décidait, comme en Belgique, que la résidence alternée devienne la première option proposée aux parents qui se séparent. Il semble normal qu’ils puissent poursuivre à deux l’éducation des enfants qu’ils ont eus ensemble, même si le couple est séparé. Mais est-il souhaitable que les parents soient forcés à accepter la résidence alternée, c’est-à-dire une situation où les enfants peuvent passer au moins 35% de leur temps avec chaque parent ? C’est une question cruciale à envisager avant de vouloir changer la loi.

from: www.wikihow.com/Create-a-Parenting-Plan
from: www.wikihow.com/Create-a-Parenting-Plan

La loi pourrait être à l’inverse de celle qui prévaut en France aujourd’hui : ce ne serait pas un parent qui serait forcé à accepter que ses enfants soient en résidence pleine chez l’autre parent mais, au contraire, les deux parents qui seraient forcés à mettre en place la résidence alternée. Continuer la lecture de « Et si la résidence alternée devenait la première option ? »

Le gouvernement belge veut améliorer encore la résidence alternée égalitaire

Jeudi dernier nous avons été invités par le journal Filiatio à rencontrer un des directeurs-adjoints du cabinet du ministre belge de la justice. Le ministère étudie la possibilité d’améliorer encore la mise en place de la résidence alternée égalitaire, même si la loi belge est déjà parmi les plus favorables au bienêtre de l’enfant. Commençons par présenter cette loi.

Divorce belge

La loi belge de 2006 tend à privilégier l’hébergement égalitaire de l’enfant dont les parents sont séparés et règlemente l’exécution forcée en matière d’hébergement de l’enfant, précise le journal Filiatio dans son numéro spécial anniversaire de la loi. Continuer la lecture de « Le gouvernement belge veut améliorer encore la résidence alternée égalitaire »

Les enfants du divorce sont-ils égaux à travers l’Europe ?

Dans un article de Mediapart du 7 septembre, trois parlementaires européens, Guillaume Balas (S&D), Eva Joly (EELV) et Fabio De Masi (Die Linke) regrettent qu’au sein du parlement européen, qui est censé être le parlement des Européens, les discussions de fond n’aient plus lieu. Ils pensent que, pour faire face aux crises multiples auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui, les universitaires ne sont pas assez écoutés.

Inégalité de traitement des enfants entre les pays européens

parlementeuDe multiples crises existent qui touchent beaucoup de personnes. Celle dont nous parlons ici concerne les enfants dont les parents vivent séparés après divorce ou rupture. Continuer la lecture de « Les enfants du divorce sont-ils égaux à travers l’Europe ? »

Nouvelle année scolaire : des tunnels de plus pour les enfants

Après la coupure du mois d’août, nous reprenons la parution hebdomadaire de notre blog. Merci pour les messages de soutien que vous nous avez envoyés.

franceDans ce blog, notre objectif premier est le maintien et l’amélioration du bienêtre de l’enfant dans les situations de divorce et de séparation. Soyons clairs, les choses commencent mal et s’annoncent difficiles sur le plan des alternances pour les enfants qui ne voient leur père, ou leur mère, que deux jours toutes les deux semaines. Et ils sont nombreux ! Continuer la lecture de « Nouvelle année scolaire : des tunnels de plus pour les enfants »

Le blog est en deuil

Le blog est en deuil.

P_choucas_1Notre beau-frère si proche est décédé cette semaine. C’était un magnifique passeur et dynamiseur de la culture pastorale. Comme bien des gens de l’Alpe il avait le goût de la rencontre, le sens d’apprendre des autres venus d’ailleurs. Il dépassait les préjugés pour faire se rencontrer les cultures et permettre à toutes et tous, quelle que soit sa langue ou sa culture, de vivre mieux sa vie d’ici.

Son conjoint reste seul. Ils ont traversé une bonne partie du siècle dernier dans une société qui les réprimaient à cause de leur orientation sexuelle. Ils ont connu heureusement les évolutions qui leur ont finalement permis de bénéficier du mariage pour tous.

Nous faisons le vœu que ce parcours puisse aider les acteurs des affaires familiales à prendre des décisions qui privilégient la vie des enfants, des hommes et des femmes d’aujourd’hui sans tenir compte des préjugés forgés par la politique, la culture et les religions.

Les mères ne sont pas destinées à garder seules leurs enfants, les pères ne peuvent pas se contenter d’un week-end sur deux, les enfants ne peuvent pas se débrouiller sans liens forts avec leurs deux parents, même s’ils vivent séparés. Les familles se composent et se recomposent, se font avec des parents de sexes différents ou non, mais les liens d’attachement sont les mêmes.