Deux approches de psychologues sur la résidence alternée

La revue Cercle Psy, dans numéro du mois de mars 2017, propose un bref article « La Garde alternée : Pour ou contre ? »

Nous allons excuser le journaliste, Marc Olano, de faire comme s’il ignorait que la « garde » des enfants avait été remplacée par leur « résidence » depuis la loi de 2002. Quinze ans déjà…

Le changement de point de vue de la loi est, heureusement, passé dans le contenu de l’article qui interroge l’intérêt de l’enfant après séparation des parents.

Assez basiquement, le journaliste a interrogé deux psychologues dont il oppose les points de vue, Maurice Berger et Chantal Clot-Grangeat.

Que nous montre cet article ? Continuer la lecture de « Deux approches de psychologues sur la résidence alternée »

La résidence alternée, c’est avant tout celle des enfants

Notre article dans le journal en ligne The Conversation continue sa belle diffusion à travers le monde. Les commentaires sur l’article nous permettent de démonter quelques idées reçues qui bloquent la réflexion en France. Dans un premier temps nous avions répondu aux critiques d’un professeur expert en psychologie (voir notre billet du 1° février 2017, la semaine dernière, nous avons répondu aux personnes qui suivent l’avis de ces spécialistes (voir notre billet du 8 février 2017).

Cette semaine, nous répondons aux personnes qui disent que la résidence alternée ne vaut rien pour la plupart des couples car les hommes seraient violents.

La résidence après divorce doit être vue du côté des enfants

Une catégorie d’opposition à la résidence alternée se fonde sur la violence attribuée aux pères qui est nocive aux femmes et aux enfants. Les pères chercheraient à apitoyer l’opinion pour avoir la garde de leurs enfants alors que peu s’en sont occupés avant le divorce et que beaucoup seraient violents.

Il est clair, comme nous l’avons écrit plusieurs fois, que les cas de violences ou d’abus avérés doivent interdire la résidence chez le parent violent. Il est très difficile, et même plutôt impossible, d’envisager autrement ce sujet. Cependant, il est clair aussi que ces cas sont vraisemblablement minoritaires et donc que, dans un premier temps, il faut envisager la résidence des enfants dans le cas général.

Il y a peut-être aussi une tentative de certains pères de se faire plaindre de leur situation après divorce. Nous pensons que le problème n’est pas là, et pour deux raisons.

Premièrement, c’est l’intérêt supérieur de l’enfant qui guide toute la législation et les décisions de justice et qui intéresse les chercheurs. Dans cette perspective, les résultats des recherches à grande échelle, celles qui devraient guider les politiques publiques (voir notre billet du 8 février 2017), montrent que la résidence alternée est toujours plus bénéfique au développement cognitif, psychique et physique des enfants et des adolescents que d’autres arrangements. Elle permet un meilleur équilibre affectif, émotionnel et social et une meilleure santé que la résidence chez un seul parent (voir nos billets des 18 janvier 2017 et 30 novembre 2016). Ce mieux être, malgré les difficultés dues à la séparation des parents, se maintient même si les parents sont en conflit (voir notre billet du 9 mars 2016).

Deuxièmement, l’avancée vers un meilleur équilibre entre les femmes et les hommes ne passe certainement pas par l’opposition entre les deux genres mais vraisemblablement par un effort commun et partagé pour trouver cet équilibre. La résolution de l’Assemblée Parlementaire du Conseil Européen prise en octobre 2015 insiste sur ce point : en cas de divorce, l’égalité entre les femmes et les hommes passe par une répartition des responsabilités éducatives des deux parents et donc par la résidence alternée (voir nos billets des 6 et 13 janvier 2016).

La résidence alternée, c’est donc avant tout celle des enfants.

Ne pas traiter à la légère les violences faites  aux femmes et aux hommes

Les oppositions à la résidence alternée du fait de la violence attribuée aux pères glissent en général très rapidement vers les violences sexuelles dont sont victimes les femmes, notamment au sein des familles. C’est alors l’enquête de l’INED Virage qui est citée.

Virage est une enquête de grande envergure réalisée auprès de 27 268 femmes et hommes, dont l’objectif est de mesurer l’ampleur des violences subies tant par les femmes que par les hommes.  Nous aborderons ce thème très important lors d’un prochain billet.

Beaucoup de cas cliniques ne font pas une politique publique

Notre article dans le journal en ligne The Conversation continue de rencontrer un intérêt que nous n’avions pas soupçonné. Ce sont près de 20 000 lecteurs qui l’ont lu et partagé en deux semaines. Les commentaires sur l’article continuent de se multiplier aussi et les réponses nous ont pris beaucoup de temps. D’où notre petit retard de publication aujourd’hui.

Ces commentaires nous permettent de démonter quelques idées reçues qui bloquent la réflexion en France. La semaine dernière nous avions répondu aux critiques d’un professeur expert en psychologie (voir notre billet du 1° février 2017). Aujourd’hui, nous répondons aux personnes qui suivent l’avis de ces spécialistes.

L’avis de quelques spécialistes ne peut pas faire une règle générale

Un commentaire avance que « les spécialistes en santé mentale infantile, à condition d’être exempts de toute idéologie personnelle, sont mieux placés que quiconque pour connaître le développement infantile et ses besoins spécifiques reconnus par les neurosciences. »

Pour nous, les spécialistes doivent éviter les arguments d’autorité. Ce n’est pas parce que des spécialistes reconnus s’expriment qu’ils ont raison. D’ailleurs, en ce qui concerne le sujet de notre article, il se trouve que, au niveau international, de nombreux spécialistes de la santé mentale infantile ont des résultats inverses que ceux auxquels arrivent McIntosh et Solomon sur lesquels s’appuie ce commentaire.

Pour nous, ce qui importe c’est de regarder les méthodologies des recherches : comment s’y prennent les chercheurs pour produire leurs résultats et leurs conclusions.

Une méthodologie très précise et exemplaire est utilisée par Fabricius. A partir de plus de 100 cas, son étude montre que même avant 2 ans, la résidence alternée est meilleure que la garde pleine (voir notre billet du 18 janvier 2017).

Une multitude de cas individuels ne fait pas une règle générale

Un commentaire dit qu’il vaut mieux « partir des constats cliniques observés par moult cliniciens et se référer aux études qui permettent d’expliquer les troubles ou symptômes des enfants concernés » que de se référer à des études à large échelle.

Pour nous, l’opposition entre “constats cliniques” et “études à grande échelle” est aujourd’hui dépassée car, en général, on reconnaît que les deux approches se complètent. Cependant, elles ne sont pas équivalentes car elles ont deux rôles différents. Les cas cliniques servent à détecter les difficultés individuelles et à chercher des moyens de les traiter. Les études à large échelle servent à évaluer comment ces difficultés sont vécues ou non par la population en général. Seules ces études, sur toute une population, peuvent éclairer les politiques publiques, les cas cliniques pouvant servir d’illustrations ou de nuances.

La constitution de l’échantillon de référence est un des problèmes de la recherche. Les scientifiques savent tous que la multiplication des cas ne suffit pas à démontrer une vérité. Souvent ces scientifiques utilisent une métaphore pour l’expliquer : ce n’est pas parce que nous ne voyons que des merles noirs qu’il ne peut pas exister de merles blancs car nous en découvrirons peut-être un jour.

Dans les argumentations des quelques spécialistes français qui s’opposent à la résidence alternée, l’échantillon est totalement biaisé. Les nombreux constats cliniques observés par ces cliniciens, et sur lesquels ils fondent leur opposition, viennent tous de la même sous-population : les enfants de parents séparés qui ont des difficultés telles qu’ils consultent un clinicien. Ces cas cliniques ne peuvent donc pas représenter la population car, par définition, ils oublient tous les enfants qui vont bien. Ces cas sont tout à fait intéressants mais dans leur domaine : celui du soin clinique.

Comme nous l’avons dit la semaine dernière : ce n’est pas parce que les thérapeutes de couples ne voient que des couples en difficulté qu’ils en déduisent qu’il faut interdire le mariage. Nous sommes dans la même situation avec les enfants en résidence alternée qui consultent des cliniciens.

L’étude des populations entières montre que les cas cliniques sont des exceptions

Des résultats identiques à ceux de Fabricius sont obtenus par l’équipe de Bergström et Frasson à partir de toute la population des adolescents en Suède.

Leurs études montrent que, pour les riches comme pour les pauvres, le bienêtre des adolescents qui vivent fréquemment chez leurs deux parents est meilleur que celui des jeunes qui ne vivent que chez un seul parent. Elles montrent aussi que le bienêtre des adolescents qui vivent en résidence alternée égalitaire est proche de celui des adolescents vivant dans des familles non séparées.

200 000 enfants par an dans les couples séparés

Notre article dans le journal en ligne The Conversation a rencontré un intérêt que nous n’avions pas soupçonné. Repris par d’autres journaux, twitté et retwitté, il a été lu par plus  de 18 600 lecteurs en une semaine. Cela démontre, s’il en était besoin, que la question de la résidence des enfants après la séparation de leurs parents est bien une question sociale et politique actuelle.

Les commentaires sur l’article nous permettent d’en préciser certains éléments. Le commentaire d’un psychologue expert, en effet, illustre l’une des idées bien ancrées qui sont évoquées en tête de l’article et qui bloquent la réflexion en France à propos de la résidence des enfants après séparation de leurs parents. Un des blocages découle de la prétention de certains spécialistes, comme ce psychologue renommé, à savoir comment les choses se passent dans la « vraie vie » et de leur rejet dans « l’ineptie », pour reprendre ses propres termes, de toute autre approche que la leur, notamment par les statistiques.

Des centaines de milliers de mineurs sont concernés

Ce professeur de psychologie oppose l’étude de la condition de vie des enfants des couples séparés, à partir de méthodes scientifiques, à la force des exemples vécus tirés de ses consultations. Cette prétendue opposition est souvent utilisée par certains tenants de l’approche pédopsychiatrique en ce qui concerne la résidence alternée. Il nous faudrait pourtant savoir utiliser les arguments qui correspondent à la question en jeu.

La question qui nous est posée est celle des conditions de vie et de développement des 200 000 enfants qui chaque année sont concernés par la séparation de leur parent et dont 75 % vivent essentiellement chez leur mère, beaucoup ne rencontrant leur père que 4 jours par mois. Les conséquences délétères de cette situation, pour les enfants mais aussi pour les mères seules, sont bien connues.

Cette question de santé publique doit donc se traiter avec les outils des politiques publiques, c’est-à-dire la recherche de données dans de grands échantillons et leur traitement statistique. Des « vignettes » qui éclairent la réalité de quelques personnes dans ces populations sont souvent utilisées pour faire comprendre à quoi correspondent les résultats, et ce sont d’utiles illustrations complémentaires.

Cet expert utilise des exemples tirés de ces consultations. Comme tous ceux de ses collègues, ses exemples sont toujours frappants, voire sidérants pour les non-spécialistes, mais, par là-même, ils troublent le débat sur les choix politiques plus qu’ils ne l’éclairent.

Réfléchissons en termes d’ensembles, comme en mathématique : à l’intérieur de la population de centaines de milliers de familles concernées par la séparation, seule une partie des enfants a besoin d’un support psychologique et parmi ces enfants, il faudrait déduire ceux qui, de toutes manières, auraient des difficultés, que leurs parents soient séparés ou non. Cette petite partie de la population est tout à fait respectable et elle doit bénéficier d’une approche personnalisée mais elle ne peut pas guider, à elle seule, les choix politiques.

Prenons un exemple, nous aussi :

Les psychologues thérapeutes de couples ne rencontrent que des couples qui ont des difficultés mais ils n’en déduisent pas que le mariage ou le concubinage sont dangereux et ils ne font pas campagne pour que mariage et concubinage soient écartés de la loi.

En résumé, l’approche psychologique est essentielle pour les personnes qui en ont besoin mais elle n’est pas la plus appropriée pour parler des besoins de populations entières.

L’arrangement classique, 2jours-12jours, devrait devenir minoritaire

Le psychologue qui commente l’article méprise le seuil de 35% du temps identifié par les études citées mais il les rejoint pour dire que ce qui compte, c’est la qualité du lien entre chaque parent et leurs enfants. A partir de ce dernier constat, plutôt trivial, il est assez facile de faire l’hypothèse que la qualité du lien va dépendre, entre autres facteurs, du nombre d’opportunités que les enfants auront de rencontrer chaque parent.

Cette hypothèse est vérifiée dans toutes les recherches actuelles : les résultats montrent qu’il faut au-moins 35 % de temps pour que les enfants puissent construire avec chaque parent des relations suffisamment fortes pour réduire les dommages provoqués par la séparation et que lorsque les enfants peuvent passer 50 % du temps avec chaque parent, ils ont un niveau de bienêtre équivalent à ceux des familles non-séparées, intactes.

Certains pédopsychiatres français se réfèrent à des études anciennes mais celles-ci comportaient des faiblesses méthodologiques corrigées par les études récentes.

En résumé, si l’on ne parle pas de pourcentages de temps mais de jours, c’est à partir de l’arrangement 5-9 (5 jours avec un parent et 9 avec l’autre, sur une période de deux semaines) que les enfants disposent d’assez de temps pour construire des relations affectives stables avec leurs deux parents. L’arrangement dit classique, un week-end sur deux, autrement dit 2-12, devrait donc devenir extrêmement minoritaire.

Un champ d’initiative pour les programmes politiques

Tout comme les délégués de l’Assemblée Parlementaire du Conseil Européen, et tout particulièrement de la députée du Luxembourg, Françoise Hetto-Gaash, nous pensons que la nouvelle frontière de l’égalité entre les femmes et les hommes passe par un plus grand respect de la responsabilité des pères dans l’éducation de leurs enfants.

Donc par une promotion de la résidence alternée et, surtout, par la limitation, à quelques cas exceptionnels, de l’utilisation de l’arrangement dit classique, un week-end sur deux, c’est-à-dire 2 jours par quinzaine.

Les politiques qui rédigent les programmes pour le prochain quinquennat ont là une belle opportunité de travailler à une meilleure égalité entre les femmes et les hommes.

Résidence alternée : de quoi parle-t-on ?

La résidence alternée est le thème d’une série d’articles et de dossiers dans les médias, cet automne. Ce regain d’intérêt nous encourage à mieux définir ce que c’est que la résidence alternée. Combien d’enfants et de familles sont concernés ? Quel arrangement de résidence est bénéfique ?

Chaque année, 200 000 enfants concernés par la séparation de leurs parents

infostatLe nombre d’enfants concernés par la séparation de leurs parents est important. Les statistiques du ministère de la Justice donnent 200 000 enfants concernés par les 126 000 divorces jugés en 2012.

Les chiffres de l’INSEE montrent un état assez stable des divorces ces dernières années. Continuer la lecture de « Résidence alternée : de quoi parle-t-on ? »

Le gouvernement belge veut améliorer encore la résidence alternée égalitaire

Jeudi dernier nous avons été invités par le journal Filiatio à rencontrer un des directeurs-adjoints du cabinet du ministre belge de la justice. Le ministère étudie la possibilité d’améliorer encore la mise en place de la résidence alternée égalitaire, même si la loi belge est déjà parmi les plus favorables au bienêtre de l’enfant. Commençons par présenter cette loi.

Divorce belge

La loi belge de 2006 tend à privilégier l’hébergement égalitaire de l’enfant dont les parents sont séparés et règlemente l’exécution forcée en matière d’hébergement de l’enfant, précise le journal Filiatio dans son numéro spécial anniversaire de la loi. Continuer la lecture de « Le gouvernement belge veut améliorer encore la résidence alternée égalitaire »

Réduire le temps de travail pour plus d’égalité femmes-hommes

Le quotidien en ligne Médiapart diffuse un rapport inédit de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS), d’autres journaux reprennent cette information. Ce rapport concerne l’emploi et la réduction du temps de travail. Si elle est bien menée, disent ces inspecteurs, la réduction du temps de travail peut améliorer l’égalité entre les femmes et les hommes.

Pour notre part, nous stemps travailommes persuadés que la résidence alternée progressera avec celle de l’égalité au travail entre les pères et les mères. C’est ce que nous avons expliqué à la suite de l’article de la revue Alternatives Économiques à propos de la Suède, dans notre billet du 20 avril 2016. Les propositions des inspecteurs de l’IGAS qui ont rédigé ce rapport vont dans ce sens. Continuer la lecture de « Réduire le temps de travail pour plus d’égalité femmes-hommes »

Être père, aujourd’hui : ça bouscule !

Nous poursuivons le billet de la semaine dernière à propos du Téléphone Sonne de France Inter avec comme invité Serge Hefez, psychiatre, psychanalyste et responsable de l’unité de thérapie familiale à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, à l’occasion de l’enquête « Être père aujourd’hui » conduite par l’UNAF.

Une auditricepapapoule, qui se moque gentiment de l’émission dans laquelle il n’y a pas de femmes pour parler de la maternité, témoigne que les mères sont toujours sollicitées comme responsables des enfants. Selon elle, la médecine, l’école, tout le monde s’adresse toujours d’abord à la mère lorsque l’enfant à un souci. Elle trouve que la mère est souvent rappelée à l’ordre, surtout quand elle débute dans son rôle de mère. C’est toujours sur la mère que cela retombe quand le bébé pleure dans le bus, quand il est en retard à la crèche, quand il y a un problème à l’école. Pour elle, le père est toujours félicité dès qu’il s’occupe un tant soit peu de ses enfants. Du coup, elle aimerait bien être père de temps en temps, pour bénéficier un peu de ces avantages. Continuer la lecture de « Être père, aujourd’hui : ça bouscule ! »

Être père, être mère : c’est toujours un chantier mobile !

A l’occasion de l’enquête « Etre père aujourd’hui » conduite par l’UNAF, France Inter a invité Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste, responsable de l’unité de thérapie familiale à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, et Michel Fize, sociologue, à l’occasion du Téléphone Sonne. Le thème de l’émission était : « Les nouveaux pères, ou pères modernes sont de plus en plus sur un pied d’égalité avec la mère. Partage des tâches, de l’autorité et de l’affection. Nouvelle norme, ou mode ? »

chantierLes propos du journaliste, les réponses des invités, les témoignages et les réactions des auditeurs et des auditrices, montrent que la question de l’équilibre entre père et mère dans le couple est toujours un chantier. Et un chantier en plein mouvement !

Continuer la lecture de « Être père, être mère : c’est toujours un chantier mobile ! »

Un juge pour défendre les enfants dans les séparations ?

Dans son numéro du 24 mai dernier, le journal Le Monde publie un entretien avec François de Singly. Le sociologue se prononce sur la récente réforme du divorce, qui a été adoptée en première lecture à l’intérieur du projet de loi « Justice du XXI° siècle ». Selon lui la forme de cette réforme est scandaleuse et elle ne protège pas assez les enfants. Nombreux sont les opposants à cette réforme qui s’inquiètent aussi du manque de protection des enfants.

La loi prévoit que les couples qui se mettent d’accord pour divorcer n’auront plus besoin de passer devant un juge. Un notaire suffira à casser le contrat de mariage. Pour le sociologue, il s’agit d’une avancée vers un mariage contractuel entre deux personnes qui sont responsables de leurs actes. Sauf à considérer le mariage comme une institution immuable, il est clair que des adultes consentants n’ont pas besoin de la justice pour décider de leur séparation. Continuer la lecture de « Un juge pour défendre les enfants dans les séparations ? »

Aliénation parentale : situation délicate pour les professionnels de la famille

Nous continuons le billet de la semaine dernière. Pour les psychiatres et psychologues cités dans l’article de Sciences Humaines du mois de mai 2016, le parent qui manipule son enfant pour l’aliéner de l’autre parent a souvent une personnalité fragile. Sa campagne de dénigrement de l’ex-conjoint et sa volonté de garder exclusivement les enfants serait une lutte contre sa propre dépression.

lonely_MPour ces parents aliénants, expliquent ces spécialistes, l’enfant est un prolongement de soi, c’est leur signe de réussite sociale. Ces personnes vivent dans un chaos émotionnel construit sur la haine et la jalousie. Elles passent toute leur énergie à envenimer les relations et à créer des situations de blocage. Continuer la lecture de « Aliénation parentale : situation délicate pour les professionnels de la famille »

Parent manipulateur : que vit l’enfant dans la rupture du lien ?

La revue Sciences Humaines de ce mois de mai 2016 produit un intéressant dossier pour comprendre ce qu’on appelle l’aliénation parentale : des parents se séparent et se déchirent, un enfant est manipulé par l’un de ses parents et finit par rejeter l’autre parent. L’article de Marc Olano donne des exemples de cette manipulation qui conduit au rejet, que l’on appelle aliénation pour dire qu’il y a rupture de lien, que l’autre devient un étranger (un alien).

Selon le journaliste, l’aliénation parentale est un phénomène en augmentation pour deux raisons. D’abord, du fait que nos sociétés produisent des comportements narcissiques : priorité à l’image que l’on donne aux autres dans l’instant plutôt qu’aux relations authentiques dans la durée. Ensuite, l’équilibre des rôles entre les femmes et les hommes dans la famille a changé. Continuer la lecture de « Parent manipulateur : que vit l’enfant dans la rupture du lien ? »

Aplanir les inégalités dans le couple pour favoriser la résidence alternée

Le dossier proposé ce mois d’avril par la revue Alternatives Économiques déclare que le mode de garde des enfants en France manque de gouvernance et de logique. On y parle des enfants que leurs parents font garder durant la journée mais la manière de décider de leur résidence en cas de divorce semble gouvernée de la même manière.

Euro_and_familyDans le billet de la semaine dernière, nous avons montré les inconvénients du mode de garde par la mère seule, pour les enfants et pour les mères. Les modes de garde collectifs seraient plus adaptés mais comme ils reposent sur les assistantes maternelles, on revient à la case départ. Il faudrait un mode de garde plus flexible, mieux adapté aux intérêts des jeunes enfants. Dans ce billet, nous parlons du congé parental qui est un deuxième axe pour améliorer la garde des jeunes enfants. Continuer la lecture de « Aplanir les inégalités dans le couple pour favoriser la résidence alternée »

Alternatives Economiques : qui doit garder les enfants ?

Le magazine Alternatives Economiques de ce mois d’avril s’intéresse au mode de garde des enfants : crèche, école, nounou ou famille ? L’article de Xavier Molénat montre qu’il y a tout intérêt à investir dans la petite enfance car cette politique est porteuse de bénéfices éducatifs, sociaux et aussi économiques.

La garde des enfants majoritairement dévolue aux mères

Le mode de garde des enfants est toujours une question préoccupante pour les parents mais elle l’est aussi pour les pouvoirs publics, en France comme en Europe et dans le reste du monde.

family-40370__180La tradition conduit à confier majoritairement cette garde aux mères mais cela les pénalise dans leur développement professionnel. En prenant de longs congés parentaux, elles sont écartées des postes à responsabilité et même du marché du travail pour celles qui sont le moins qualifiées. Elles dépendent alors largement des revenus sociaux et leur risque de pauvreté augmente. En cas de divorce, comme ces femmes conservent souvent la résidence des enfants, ces faibles revenus impactent le bienêtre des enfants, note Xavier Molénat. Continuer la lecture de « Alternatives Economiques : qui doit garder les enfants ? »

Réussir la résidence alternée du côté des parents

Des magazines féminins proposent des conseils aux mères qui s’installent dans la résidence alternée et ne voient donc leurs enfants qu’une semaine sur deux. Dans la perspective de ce blog qui soutient l’équilibre entre les femmes et les hommes, nous essayons de reprendre ces conseils pour les deux genres. Il reste que les pères qui ne vivent pas cette situation d’alternance avec leurs enfants sont trop nombreux. Continuer la lecture de « Réussir la résidence alternée du côté des parents »

Avantages de l’hébergement égalitaire pour les parents d’aujourd’hui

Le numéro 18 de la revue belge Filiatio interroge le sociologue Jacques Marquet sur les avantages et les inconvénients de l’hébergement égalitaire notamment pour les femmes qui travaillent et qui sont séparées. Le sociologue montre comment les réflexions des politiques, les décisions des juges et les pratiques des parents sont encore marquées par le modèle familial de l’entre-deux guerres.

Dans ce modèle, dit « bourgeois », le père représente le gagne-pain et l’autorité alors que la mère est responsable de l’espace privé, de l’éducation, du suivi scolaire, de l’entretien et de l’alimentation. Dans ce type de familles, si la mère travaille, c’est Rubikprincipalement pour compléter le salaire du mari. Cette représentation est entretenue dans les cercles familiaux, à travers les parents et grands-parents, dans les cercles d’amis, au travail et dans la plupart des relations sociales ordinaires. Mais le nombre croissant des femmes exerçant une activité professionnelle égale à celle de leur conjoint pousse certaines juridictions et certaines entreprises à s’adapter. C’est le cas en Flandres et c’est ce qui intéresse la revue Filiatio.
Continuer la lecture de « Avantages de l’hébergement égalitaire pour les parents d’aujourd’hui »

Le conflit des parents doit-il décider de la résidence des enfants ?

La dernière conférence du CIRA/ICSP a rassemblé de nombreux délégués du monde entier, dont des journalistes de l’excellente revue belge Filiatio. Cette revue a publié un dossier à propos du conseil international de la résidence alternée qui rassemble, à part égale, des chercheurs, des professionnels et des acteurs de la société civile et dont les instances sont paritaires.

CIRA

L’un des articles fait le point sur la question du rôle du conflit parental dans la mise en place du mode de résidence des enfants. L’article rapporte un entretien avec Chantal Clot-Grangeat, psychothérapeute, docteur en psychologie et vice-présidente du CIRA/ICSP en tant que professionnelle. La revue de 33 articles de recherche qu’elle a réalisée lui permet d’affirmer que l’on ne peut pas statuer sur l’incompatibilité entre résidence alternée et conflit des parents.
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