Emmanuel Macron nous répond, mais pas sur la résidence alternée…

En février, nous avons écrit aux cinq candidats dont les sondages montrent qu’ils peuvent devenir président de la République pour leur demander leur avis sur la résidence alternée. Après la réponse très décevante de Benoît Hamon (voir notre billet du 5 avril 2017), nous avons reçu un mel de l’équipe d’Emmanuel Macron. Continuer la lecture de « Emmanuel Macron nous répond, mais pas sur la résidence alternée… »

Demandons à tous les candidats leur position sur la résidence alternée

En février, nous avons écrit aux cinq candidats dont les sondages montrent qu’ils peuvent devenir président de la République pour leur demander leur avis sur la résidence alternée. Seul Benoît Hamon a répondu (voir notre billet du 5 avril 2017).

Aujourd’hui nous pouvons faire mieux en interrogeant les 11 candidats grâce au site WhyboOk. Le 1er site internet indépendant permettant aux citoyens, « les moOtons « , de poser des questions aux décideurs politiques et économiques, « les Grands Décideurs », sur leurs actions, décisions et engagements.

Nous posons aux candidats une question très simple :

Pensez-vous que la résidence alternée pourrait être proposée comme première option aux couples qui divorcent, comme en Belgique ?

Mais pour que la question arrive aux « grands décideurs » comme les appellent les créateurs de WhyboOk, il nous faut rassembler un « troOpeau » de 100 « MoOtons », c’est-à-dire de 100 internautes qui viennent mootoner notre question.

Nous en sommes à 41/100, ce soir, ce qui n’est pas mal mais insuffisant.

Ne craignez pas l’humour de WhyboOk et venez donc moOtonner la question en cliquant ici

Attention, si vous répondez depuis votre smartphone, ne vous connectez pas à WhyboOk depuis votre compte Facebook mais créez un compte WhyboOk, sans cela votre soutien ne sera pas compté. Depuis un ordinateur, il n’y a pas de difficultés.

Selon Hamon, la résidence alternée est potentiellement très dangereuse

Nous avons écrit aux cinq candidats dont les sondages montrent qu’ils peuvent devenir président de la République pour leur demander leur avis sur la résidence alternée (voir notre billet du 8 mars 2017). Nous leur avons posé trois questions précises qui permettraient de mettre la loi française au niveau de celle de la Belgique, voire de faire les améliorations auxquelles les belges réfléchissent (voir notre billet du 26 octobre 2016). Nous précisions que la résidence alternée commençait pour le CIRA/ICSP à 5 jours par quinzaine de manière à ce que les enfants puissent construire ou renforcer des relations avec leurs deux parents (voir notre billet du 16 novembre 2016). Nous étions donc dans le cadre minimum et modéré de ce que visent les personnes qui réfléchissent au devenir des enfants et à l’équilibre des parents après séparation (voir notre billet du 17 février 2016).

Pour le moment et malgré plusieurs relances, seul Benoît Hamon a répondu, hier soir. Continuer la lecture de « Selon Hamon, la résidence alternée est potentiellement très dangereuse »

Le CIRA avec les associations suisses de coparentalité (suite)

Nous poursuivons le compterendu des points forts de l’assemblée annuelle du mouvement de la condition paternelle Vaud commencé dans notre billet de la semaine dernière (voir le billet du 22 mars 2017). Nous avons rapporté les interventions des chercheurs et des juges.

Dans ce billet nous présentons celles des deux vice-présidents du CIRA/ICSP : Chantal Clot-Grangeat, pour les professionnels, et Oliver Hunziger, pour la société civile. La première est psychologue, thérapeute, docteure en psychologie. Le second est président de l’association suisse pour la coparentalité (GeCoBi). Continuer la lecture de « Le CIRA avec les associations suisses de coparentalité (suite) »

Le CIRA en Suisse, avec les associations de coparentalité

Samedi dernier à Lausanne se tenait l’assemblée annuelle du mouvement de la condition paternelle Vaud. Un débat a rassemblé des chercheurs, des juges, des psychologues et l’association suisse pour la coparentalité. Dans la salle 90 personnes environ, hommes et femmes, ont débattu ou fait part de leurs difficultés.

Parmi les intervenants, on comptait les deux vice-présidents du CIRA/ICSP : Chantal Clot-Grangeat représente les professionnels et Oliver Hunziker, la société civile.

La première est psychologue, thérapeute, docteure en psychologie. Le second est président de l’association suisse pour la coparentalité (GeCoBi).

Une intéressante soirée dont voici les premiers points forts. Continuer la lecture de « Le CIRA en Suisse, avec les associations de coparentalité »

Deux approches de psychologues sur la résidence alternée

La revue Cercle Psy, dans numéro du mois de mars 2017, propose un bref article « La Garde alternée : Pour ou contre ? »

Nous allons excuser le journaliste, Marc Olano, de faire comme s’il ignorait que la « garde » des enfants avait été remplacée par leur « résidence » depuis la loi de 2002. Quinze ans déjà…

Le changement de point de vue de la loi est, heureusement, passé dans le contenu de l’article qui interroge l’intérêt de l’enfant après séparation des parents.

Assez basiquement, le journaliste a interrogé deux psychologues dont il oppose les points de vue, Maurice Berger et Chantal Clot-Grangeat.

Que nous montre cet article ? Continuer la lecture de « Deux approches de psychologues sur la résidence alternée »

Un trou dans les programmes politiques des prochaines élections

Cela n’aura échappé à personne, nous sommes entrés en campagne électorale pour les présidentielles et les législatives qui vont suivre. Les candidats peaufinent leurs programmes ou commencent à les publier en partie.

A ce que nous sachions, aucun programme n’a pris la mesure de l’immense problème créé par la résidence des enfants après divorce ou séparation de leurs parents. Or, c’est un problème grave qui touche des centaines de milliers de nos concitoyens (voir notre billet du 8 février 2017). Continuer la lecture de « Un trou dans les programmes politiques des prochaines élections »

Le programme de la conférence NPO-ICSP 2017 est en ligne

Le comité scientifique de la conférence internationale sur la résidence alternée (NPO-ICSP 2017) a le plaisir d’annoncer le programme provisoire de la conférence.

twohomes.orgSur le thème « Recherches sur la résidence alternée : Un tournant dans la compréhension du meilleur intérêt de l’enfant ? », de nombreux experts du champ de la résidence alternée – représentant à la fois les scientifiques et les professionnels de la famille – présenteront leurs résultats de recherche et leurs expériences pratiques lors de cet événement international et interdisciplinaire. Continuer la lecture de « Le programme de la conférence NPO-ICSP 2017 est en ligne »

La résidence alternée, c’est avant tout celle des enfants

Notre article dans le journal en ligne The Conversation continue sa belle diffusion à travers le monde. Les commentaires sur l’article nous permettent de démonter quelques idées reçues qui bloquent la réflexion en France. Dans un premier temps nous avions répondu aux critiques d’un professeur expert en psychologie (voir notre billet du 1° février 2017, la semaine dernière, nous avons répondu aux personnes qui suivent l’avis de ces spécialistes (voir notre billet du 8 février 2017).

Cette semaine, nous répondons aux personnes qui disent que la résidence alternée ne vaut rien pour la plupart des couples car les hommes seraient violents.

La résidence après divorce doit être vue du côté des enfants

Une catégorie d’opposition à la résidence alternée se fonde sur la violence attribuée aux pères qui est nocive aux femmes et aux enfants. Les pères chercheraient à apitoyer l’opinion pour avoir la garde de leurs enfants alors que peu s’en sont occupés avant le divorce et que beaucoup seraient violents.

Il est clair, comme nous l’avons écrit plusieurs fois, que les cas de violences ou d’abus avérés doivent interdire la résidence chez le parent violent. Il est très difficile, et même plutôt impossible, d’envisager autrement ce sujet. Cependant, il est clair aussi que ces cas sont vraisemblablement minoritaires et donc que, dans un premier temps, il faut envisager la résidence des enfants dans le cas général.

Il y a peut-être aussi une tentative de certains pères de se faire plaindre de leur situation après divorce. Nous pensons que le problème n’est pas là, et pour deux raisons.

Premièrement, c’est l’intérêt supérieur de l’enfant qui guide toute la législation et les décisions de justice et qui intéresse les chercheurs. Dans cette perspective, les résultats des recherches à grande échelle, celles qui devraient guider les politiques publiques (voir notre billet du 8 février 2017), montrent que la résidence alternée est toujours plus bénéfique au développement cognitif, psychique et physique des enfants et des adolescents que d’autres arrangements. Elle permet un meilleur équilibre affectif, émotionnel et social et une meilleure santé que la résidence chez un seul parent (voir nos billets des 18 janvier 2017 et 30 novembre 2016). Ce mieux être, malgré les difficultés dues à la séparation des parents, se maintient même si les parents sont en conflit (voir notre billet du 9 mars 2016).

Deuxièmement, l’avancée vers un meilleur équilibre entre les femmes et les hommes ne passe certainement pas par l’opposition entre les deux genres mais vraisemblablement par un effort commun et partagé pour trouver cet équilibre. La résolution de l’Assemblée Parlementaire du Conseil Européen prise en octobre 2015 insiste sur ce point : en cas de divorce, l’égalité entre les femmes et les hommes passe par une répartition des responsabilités éducatives des deux parents et donc par la résidence alternée (voir nos billets des 6 et 13 janvier 2016).

La résidence alternée, c’est donc avant tout celle des enfants.

Ne pas traiter à la légère les violences faites  aux femmes et aux hommes

Les oppositions à la résidence alternée du fait de la violence attribuée aux pères glissent en général très rapidement vers les violences sexuelles dont sont victimes les femmes, notamment au sein des familles. C’est alors l’enquête de l’INED Virage qui est citée.

Virage est une enquête de grande envergure réalisée auprès de 27 268 femmes et hommes, dont l’objectif est de mesurer l’ampleur des violences subies tant par les femmes que par les hommes.  Nous aborderons ce thème très important lors d’un prochain billet.

Beaucoup de cas cliniques ne font pas une politique publique

Notre article dans le journal en ligne The Conversation continue de rencontrer un intérêt que nous n’avions pas soupçonné. Ce sont près de 20 000 lecteurs qui l’ont lu et partagé en deux semaines. Les commentaires sur l’article continuent de se multiplier aussi et les réponses nous ont pris beaucoup de temps. D’où notre petit retard de publication aujourd’hui.

Ces commentaires nous permettent de démonter quelques idées reçues qui bloquent la réflexion en France. La semaine dernière nous avions répondu aux critiques d’un professeur expert en psychologie (voir notre billet du 1° février 2017). Aujourd’hui, nous répondons aux personnes qui suivent l’avis de ces spécialistes.

L’avis de quelques spécialistes ne peut pas faire une règle générale

Un commentaire avance que « les spécialistes en santé mentale infantile, à condition d’être exempts de toute idéologie personnelle, sont mieux placés que quiconque pour connaître le développement infantile et ses besoins spécifiques reconnus par les neurosciences. »

Pour nous, les spécialistes doivent éviter les arguments d’autorité. Ce n’est pas parce que des spécialistes reconnus s’expriment qu’ils ont raison. D’ailleurs, en ce qui concerne le sujet de notre article, il se trouve que, au niveau international, de nombreux spécialistes de la santé mentale infantile ont des résultats inverses que ceux auxquels arrivent McIntosh et Solomon sur lesquels s’appuie ce commentaire.

Pour nous, ce qui importe c’est de regarder les méthodologies des recherches : comment s’y prennent les chercheurs pour produire leurs résultats et leurs conclusions.

Une méthodologie très précise et exemplaire est utilisée par Fabricius. A partir de plus de 100 cas, son étude montre que même avant 2 ans, la résidence alternée est meilleure que la garde pleine (voir notre billet du 18 janvier 2017).

Une multitude de cas individuels ne fait pas une règle générale

Un commentaire dit qu’il vaut mieux « partir des constats cliniques observés par moult cliniciens et se référer aux études qui permettent d’expliquer les troubles ou symptômes des enfants concernés » que de se référer à des études à large échelle.

Pour nous, l’opposition entre “constats cliniques” et “études à grande échelle” est aujourd’hui dépassée car, en général, on reconnaît que les deux approches se complètent. Cependant, elles ne sont pas équivalentes car elles ont deux rôles différents. Les cas cliniques servent à détecter les difficultés individuelles et à chercher des moyens de les traiter. Les études à large échelle servent à évaluer comment ces difficultés sont vécues ou non par la population en général. Seules ces études, sur toute une population, peuvent éclairer les politiques publiques, les cas cliniques pouvant servir d’illustrations ou de nuances.

La constitution de l’échantillon de référence est un des problèmes de la recherche. Les scientifiques savent tous que la multiplication des cas ne suffit pas à démontrer une vérité. Souvent ces scientifiques utilisent une métaphore pour l’expliquer : ce n’est pas parce que nous ne voyons que des merles noirs qu’il ne peut pas exister de merles blancs car nous en découvrirons peut-être un jour.

Dans les argumentations des quelques spécialistes français qui s’opposent à la résidence alternée, l’échantillon est totalement biaisé. Les nombreux constats cliniques observés par ces cliniciens, et sur lesquels ils fondent leur opposition, viennent tous de la même sous-population : les enfants de parents séparés qui ont des difficultés telles qu’ils consultent un clinicien. Ces cas cliniques ne peuvent donc pas représenter la population car, par définition, ils oublient tous les enfants qui vont bien. Ces cas sont tout à fait intéressants mais dans leur domaine : celui du soin clinique.

Comme nous l’avons dit la semaine dernière : ce n’est pas parce que les thérapeutes de couples ne voient que des couples en difficulté qu’ils en déduisent qu’il faut interdire le mariage. Nous sommes dans la même situation avec les enfants en résidence alternée qui consultent des cliniciens.

L’étude des populations entières montre que les cas cliniques sont des exceptions

Des résultats identiques à ceux de Fabricius sont obtenus par l’équipe de Bergström et Frasson à partir de toute la population des adolescents en Suède.

Leurs études montrent que, pour les riches comme pour les pauvres, le bienêtre des adolescents qui vivent fréquemment chez leurs deux parents est meilleur que celui des jeunes qui ne vivent que chez un seul parent. Elles montrent aussi que le bienêtre des adolescents qui vivent en résidence alternée égalitaire est proche de celui des adolescents vivant dans des familles non séparées.

200 000 enfants par an dans les couples séparés

Notre article dans le journal en ligne The Conversation a rencontré un intérêt que nous n’avions pas soupçonné. Repris par d’autres journaux, twitté et retwitté, il a été lu par plus  de 18 600 lecteurs en une semaine. Cela démontre, s’il en était besoin, que la question de la résidence des enfants après la séparation de leurs parents est bien une question sociale et politique actuelle.

Les commentaires sur l’article nous permettent d’en préciser certains éléments. Le commentaire d’un psychologue expert, en effet, illustre l’une des idées bien ancrées qui sont évoquées en tête de l’article et qui bloquent la réflexion en France à propos de la résidence des enfants après séparation de leurs parents. Un des blocages découle de la prétention de certains spécialistes, comme ce psychologue renommé, à savoir comment les choses se passent dans la « vraie vie » et de leur rejet dans « l’ineptie », pour reprendre ses propres termes, de toute autre approche que la leur, notamment par les statistiques.

Des centaines de milliers de mineurs sont concernés

Ce professeur de psychologie oppose l’étude de la condition de vie des enfants des couples séparés, à partir de méthodes scientifiques, à la force des exemples vécus tirés de ses consultations. Cette prétendue opposition est souvent utilisée par certains tenants de l’approche pédopsychiatrique en ce qui concerne la résidence alternée. Il nous faudrait pourtant savoir utiliser les arguments qui correspondent à la question en jeu.

La question qui nous est posée est celle des conditions de vie et de développement des 200 000 enfants qui chaque année sont concernés par la séparation de leur parent et dont 75 % vivent essentiellement chez leur mère, beaucoup ne rencontrant leur père que 4 jours par mois. Les conséquences délétères de cette situation, pour les enfants mais aussi pour les mères seules, sont bien connues.

Cette question de santé publique doit donc se traiter avec les outils des politiques publiques, c’est-à-dire la recherche de données dans de grands échantillons et leur traitement statistique. Des « vignettes » qui éclairent la réalité de quelques personnes dans ces populations sont souvent utilisées pour faire comprendre à quoi correspondent les résultats, et ce sont d’utiles illustrations complémentaires.

Cet expert utilise des exemples tirés de ces consultations. Comme tous ceux de ses collègues, ses exemples sont toujours frappants, voire sidérants pour les non-spécialistes, mais, par là-même, ils troublent le débat sur les choix politiques plus qu’ils ne l’éclairent.

Réfléchissons en termes d’ensembles, comme en mathématique : à l’intérieur de la population de centaines de milliers de familles concernées par la séparation, seule une partie des enfants a besoin d’un support psychologique et parmi ces enfants, il faudrait déduire ceux qui, de toutes manières, auraient des difficultés, que leurs parents soient séparés ou non. Cette petite partie de la population est tout à fait respectable et elle doit bénéficier d’une approche personnalisée mais elle ne peut pas guider, à elle seule, les choix politiques.

Prenons un exemple, nous aussi :

Les psychologues thérapeutes de couples ne rencontrent que des couples qui ont des difficultés mais ils n’en déduisent pas que le mariage ou le concubinage sont dangereux et ils ne font pas campagne pour que mariage et concubinage soient écartés de la loi.

En résumé, l’approche psychologique est essentielle pour les personnes qui en ont besoin mais elle n’est pas la plus appropriée pour parler des besoins de populations entières.

L’arrangement classique, 2jours-12jours, devrait devenir minoritaire

Le psychologue qui commente l’article méprise le seuil de 35% du temps identifié par les études citées mais il les rejoint pour dire que ce qui compte, c’est la qualité du lien entre chaque parent et leurs enfants. A partir de ce dernier constat, plutôt trivial, il est assez facile de faire l’hypothèse que la qualité du lien va dépendre, entre autres facteurs, du nombre d’opportunités que les enfants auront de rencontrer chaque parent.

Cette hypothèse est vérifiée dans toutes les recherches actuelles : les résultats montrent qu’il faut au-moins 35 % de temps pour que les enfants puissent construire avec chaque parent des relations suffisamment fortes pour réduire les dommages provoqués par la séparation et que lorsque les enfants peuvent passer 50 % du temps avec chaque parent, ils ont un niveau de bienêtre équivalent à ceux des familles non-séparées, intactes.

Certains pédopsychiatres français se réfèrent à des études anciennes mais celles-ci comportaient des faiblesses méthodologiques corrigées par les études récentes.

En résumé, si l’on ne parle pas de pourcentages de temps mais de jours, c’est à partir de l’arrangement 5-9 (5 jours avec un parent et 9 avec l’autre, sur une période de deux semaines) que les enfants disposent d’assez de temps pour construire des relations affectives stables avec leurs deux parents. L’arrangement dit classique, un week-end sur deux, autrement dit 2-12, devrait donc devenir extrêmement minoritaire.

Un champ d’initiative pour les programmes politiques

Tout comme les délégués de l’Assemblée Parlementaire du Conseil Européen, et tout particulièrement de la députée du Luxembourg, Françoise Hetto-Gaash, nous pensons que la nouvelle frontière de l’égalité entre les femmes et les hommes passe par un plus grand respect de la responsabilité des pères dans l’éducation de leurs enfants.

Donc par une promotion de la résidence alternée et, surtout, par la limitation, à quelques cas exceptionnels, de l’utilisation de l’arrangement dit classique, un week-end sur deux, c’est-à-dire 2 jours par quinzaine.

Les politiques qui rédigent les programmes pour le prochain quinquennat ont là une belle opportunité de travailler à une meilleure égalité entre les femmes et les hommes.

Nous serons à Boston pour la conférence CIRA/ICSP 2017

La troisième Conférence Internationale sur la Résidence Alternée, organisée conjointement par l’Organisation Nationale des Parents (NPO-USA) et le Conseil International sur la Résidence Alternée (CIRA/ICSP) se tiendra à Boston (voir notre billet du 5 octobre 2016). Nous participerons à cette conférence qui rassemble les principaux scientifiques du domaine.

twohomes.orgNous venons d’apprendre que le comité scientifique international a évalué favorablement nos deux communications. Continuer la lecture de « Nous serons à Boston pour la conférence CIRA/ICSP 2017 »

Même avant 2 ans, la résidence alternée est meilleure que la garde pleine

Une étude par l’équipe de W. Fabricius et récemment publiée dans une revue scientifique américaine montre que la résidence alternée est bénéfique aux enfants de parents séparés dès le plus jeune âge, avant 3 ans.

La question de l’âge à partir duquel les enfants peuvent tirer avantage, ou au moins ne pas être pénalisés, par le partage de la résidence entre leurs deux parents est une question importante qui n’avait pas reçu de réponse fondée sur des preuves scientifiques convaincantes. Dans le débat français, certains pédopsychiatres ont pétitionné pour une interdiction de cet arrangement avant 6 ans puis, sans justifier le changement, ces professionnels ont abaissé le seuil à 3 ans (voir notre billet du 2 novembre 2016). La recherche de Fabricius va permettre d’éclairer le débat grâce à des faits et à des données tirés d’un large échantillon de plus de 100 jeunes étudiants ayant vécu très jeune la séparation de leurs parents. Continuer la lecture de « Même avant 2 ans, la résidence alternée est meilleure que la garde pleine »

Témoignage : quand la justice freine la coparentalité

Nous terminons la publication du témoignage du père que nous avons appelé Enzo.

Cette personne et son expérience permettent de poser la question de la fabrique de la décision de justice en ce qui concerne la résidence des enfants, comment cette décision peut nourrir la volonté de conflit d’un parent et mettre en péril la situation financière d’un parent (voir nos billets des 1° et 8 décembre 2016).

Ce témoignage est long, nous l’avons traité en plusieurs semaines. Ce dernier billet aborde le fonctionnement de la justice familiale. Continuer la lecture de « Témoignage : quand la justice freine la coparentalité »

2017 : une année de choix politiques pour les enfants et les parents séparés

Souhaitons que 2017 soit une belle année pour les enfants et les parents, pour toutes les familles, classiques ou pas, séparées ou recomposées.

Durant l’année écoulée, près de cinquante billets ont été publiés sur ce blog. Un nombre de plus en plus important de lecteurs les ont suivis ou transférés sur les réseaux sociaux.

Soyez toutes et tous remerciés car c’est ainsi que nous participerons, peut-être, au changement des représentations à propos de la résidence des enfants des parents séparés en France.

Faisons un rapide bilan de 2016 et traçons des perspectives pour 2017. Continuer la lecture de « 2017 : une année de choix politiques pour les enfants et les parents séparés »

Bonnes fêtes de fin d’année

Unies, divorcées, séparées, recomposées, c’est le temps des familles, c’est le temps des enfants et petits-enfants.

Le blog reprendra en janvier 2017.

Profitons des fêtes.

Témoignage : les détails de l’arrangement peuvent nourrir le conflit

Nous poursuivons le témoignage d’un père, que nous avons appelé Enzo. Il a deux enfants qui avaient 3 et 6 ans au moment de la séparation, il y a 6 ans. Ces enfants vivent en résidence alternée sous un rythme 6-8 qui leur permet de vivre avec leurs deux parents. En revanche, le statut du père est celui de « visiteur », la résidence principale étant chez la mère. Ce père et son expérience permettent de poser la question de la fabrique de la décision de justice en ce qui concerne la résidence des enfants et comment cette décision peut nourrir la volonté de conflit d’un parent (voir notre billet du 1° décembre 2016).

Ce témoignage que nous avons reçu est long. Nous le traitons en plusieurs billets (voir notre billet du 7 décembre). Celui d’aujourd’hui aborde les questions du conflit parental et de la gestion financière. Continuer la lecture de « Témoignage : les détails de l’arrangement peuvent nourrir le conflit »

Témoignage : prendre garde aux détails de l’arrangement

Nous poursuivons la publication de témoignages qui montrent la diversité des pratiques de résidence alternée dans lesquelles les parents se débrouillent pour que leurs enfants puissent continuer à vivre avec chacun d’eux, malgré la séparation du couple.

Le premier témoignage, celui de Didier, père de deux jeunes enfants, montre comment la résidence alternée peut apaiser le conflit entre les parents (voir le billet du 16 novembre 2016). Le deuxième témoignage, celui d’Alexia, la mère de deux jeunes enfants également, montre comment la médiation, même en l’absence de conflit parental, peut faciliter la poursuite de la résidence alternée, notamment en permettant d’aborder les questions financières (voir le billet du 23 novembre 2016). Dans les deux cas, les enfants ont des résultats scolaires satisfaisants et sont en bonne santé. Dans les deux cas, contrairement à une idée reçue, les parents ne sont pas particulièrement aisés.

Aujourd’hui nous poursuivons avec le témoignage d’un père, que nous appellerons Enpere-deux-enfantszo.

Ce père de deux enfants est séparé de leur mère depuis près de 6 ans. Lors de la séparation, les enfants avaient 3 et 6 ans. Les parents sont petit artisan et travailleur indépendant. Continuer la lecture de « Témoignage : prendre garde aux détails de l’arrangement »

La vie des enfants après divorce : une question de santé publique

La revue Health Psychologie Open publie un article du médecin italien Vittorio Carlo Vezzetti qui bouscule l’approche classique de la vie des enfants après séparation des parents. Pour lui, il s’agit d’une question de santé publique internationale et non pas seulement d’un choix législatif national. Il fonde cette proposition novatrice sur une synthèse des compte-rendus de recherches publiés par les revues scientifiques internationales.

doctorLa séparation parentale concerne 10 millions d’enfants en Europe et représente la première cause de perte d’un parent puisque, dans 40 % des cas pour certains pays, de nombreux enfants vivent avec un seul parent et ne rencontrent plus assez l’autre parent, souvent le père. Cette perte peut s’ajouter à d’autres dommages telle que l’exposition au conflit des parents, voire aux violences domestiques. Le médecin italien appelle donc à étudier la question du divorce sous l’angle de ses conséquences sur la santé des enfants. Continuer la lecture de « La vie des enfants après divorce : une question de santé publique »

Témoignage : résidence alternée égalitaire adaptée après médiation

Nous poursuivons notre exploration de la mise en place de la résidence alternée par les couples d’aujourd’hui. La résidence alternée est l’objet de nombreuses fausses conceptions et nous essayons de faire la lumière sur les facteurs favorables au bienêtre des enfants dont les parents sont séparés.

Le premier témoignage publié, celui de Didier, a été lu et transféré par de très nombreuses personnes (voir notre billet du 16 novembre 2016). Nous sommes donc encouragés à poursuivre cette piste.

Cette semaine, mere-enfant-4nous présentons le témoignage d’une mère, que nous appellerons Alexia, qui a deux enfants qui vivent, depuis 3 ans, une alternance 2-3 plus un week-end sur deux. Le père et la mère n’étaient pas en conflit lors de la mise en place de cet arrangement et ils ne le sont toujours pas aujourd’hui ! Ils n’ont pas fait appel à la Justice mais ils ont organisé une médiation familiale. Les enfants ont aujourd’hui 5 et 8 ans. Continuer la lecture de « Témoignage : résidence alternée égalitaire adaptée après médiation »