Les conclusions de la conférence ICSP Boston 2017 publiées dans une revue scientifique internationale

La revue Journal of Divorce & Remarriage  publie un numéro spécial consacré aux récentes recherches sur la résidence alternée. Ce journal regroupe les articles des 12 experts qui sont intervenus lors de la 3ème Conférence Internationale sur la Résidence Alternée, à Boston en mai 2017.

Le CIRA/ICSP organisait cette conférence en partenariat avec L’Organisation Parentale Nationale des USA (NPO). Cette publication est une reconnaissance de la valeur scientifique de nos travaux. Cette publication représente aussi une belle avancée pour améliorer les conditions de vie des enfants dont les parents se sont séparés.

La question explorée par ce numéro spécial est : est-ce que les enfants ont avantage à vivre surtout avec un seul parent ou plutôt en résidence alternée, sans que l’un des parents soit non-résident ?

Linda Nielsen, Professeure de psychologie au département Education d’une université américaine, propose une intéressante préface, en libre accès. Elle fait d’abord le point sur la définition de la résidence alternée. Puis elle remet les adultes, parents ou professionnels, devant leurs responsabilités vis-à-vis des enfants. Continuer la lecture de « Les conclusions de la conférence ICSP Boston 2017 publiées dans une revue scientifique internationale »

Les bébés peuvent s’attacher à leurs deux parents

Est-ce que les deux parents jouent des rôles importants dans les premières années de la vie des enfants ? Est-ce que la mère n’est pas la seule personne qui compte à ce stade ?

Le droit de l’enfant à construire et maintenir des relations régulières avec chacun de ses deux parents, même après leur séparation est affirmé dans l’article 9 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Que dit la psychologie de la construction de ces liens ?

Ce sont des questions que nous traiterons lors de la conférence CIRA/ICSP de Strasbourg, les 22 et 23 Novembre 2018.

Nous présentons aujourd’hui les résultats des travaux de Michaël Lamb, psychologue reconnu mondialement pour son expertise.

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Rôle du père dans la sécurité affective des enfants

La semaine dernière nous avons présenté les travaux de l’équipe de recherche de William Fabricius concernant la sécurité affective des enfants et adolescents. Ce billet détaille la suite de l’enquête et ses résultats.

Les résultats montrent que la qualité de la relation des deux parents entre eux et celle de la relation de l’enfant au père jouent un rôle important. Ces résultats bousculent les études précédentes qui se sont centrées sur le conflit parental ou les relations de l’enfant à la mère. Continuer la lecture de « Rôle du père dans la sécurité affective des enfants »

Qu’est-ce qui compte pour la sécurité affective des adolescents ?

Nous continuons à nous intéresser au rôle de chacun des parents dans le bienêtre et le développement des enfants et adolescents. L’équipe de recherche de William Fabricius a conduit une étude auprès de 392 familles sur cette question.

Une première génération de recherches s’était intéressé au conflit parental comme seule explication du bienêtre des enfants.

Les recherches suivantes ont montré que les effets du conflit sont médiés, modifiés, par d’autres facteurs, comme l’attitude du père, par exemple.

De plus, de nombreuses études montrent que la notion même de conflit est mal définie, car les recherches anciennes confondent désaccord, dispute et violence.

La recherche de Fabricius et son équipe prend en compte les défauts des études précédentes et va au-delà. Continuer la lecture de « Qu’est-ce qui compte pour la sécurité affective des adolescents ? »

En Norvège, les jeunes en résidence alternée se portent bien

Une équipe de recherche norvégienne, conduite par Sondre Aasen Nilsen, a récemment publié une étude portant sur plus de 7 000 jeunes de 16 à 19 ans. Cette évaluation ne montre pas de différences entre les jeunes des familles non-divorcées ou en résidence alternée en ce qui concerne leur santé psychique, leurs émotions et leurs manières d’être avec les autres.

Ce résultat sur les adolescents vient appuyer les études récentes sur la même question avec des enfants très jeunes.

Plus les études s’accumulent, plus les résultats convergent pour montrer que les enfants et les jeunes qui ne rencontrent pas régulièrement leurs deux parents sont souvent sujets à des difficultés graves sur plusieurs domaines, telles que la scolarité ou la santé.

Comment procède cette étude ? Continuer la lecture de « En Norvège, les jeunes en résidence alternée se portent bien »

Nouveaux résultats de recherche : la résidence alternée préserve les très jeunes enfants des conséquences de la séparation parentale

Bien connue des lecteurs et lectrices de ce blog, l’équipe de notre collègue et amie la chercheuse suédoise Malin Bergström publie une nouvelle recherche à grande échelle qui porte sur 3 656 enfants de 3 à 5 ans. Elle montre que ces enfants sont moins perturbés par le divorce de leurs parents lorsqu’ils partagent la résidence avec leurs parents de manière égalitaire.

Cette recherche marque une étape importante dans l’étude des conséquences de la séparation des parents sur les enfants. En effet, elle concerne une large population puisque tous les parents et les enseignants des enfants des écoles maternelles d’une même région ont été interrogés. Elle croise les réponses des parents et des enseignants, ce qui n’avait jamais été fait à notre connaissance. Enfin, elle tient compte des caractéristiques économiques et culturelles des parents.

Un fait notable pour la France est que cette étude a été immédiatement répercutée par deux journaux ou sites internet, au-moins : Le journal des femmes et Magic maman.

Merci aux fidèles du blog de nous avoir passé l’information.

Que dit cette étude ? Continuer la lecture de « Nouveaux résultats de recherche : la résidence alternée préserve les très jeunes enfants des conséquences de la séparation parentale »

Testosterone Rex : femmes et hommes, comme des mouches ?

Nous poursuivons et terminons notre présentation du livre de Cordelia Fine : « Testosterone Rex, myths of sex, science and society ». La semaine dernière nous avons parlé du mythe de l’homme chasseur et de la femme gardienne qui prétend refléter l’évolution humaine.

Cette semaine nous abordons les soi-disant appuis scientifiques à ce mythe. Menée dans les années 1950, la recherche scientifique qui a longtemps servi de caution aux défenseurs de la différence entre les femmes et les hommes est pourtant chargée d’erreurs méthodologiques. Aujourd’hui, sa partialité est reconnue. Ce cheminement vers une meilleure objectivité n’est pas sans rappeler celui sur la théorie de l’attachement, menée dans les mêmes années, ou la manière dont certains utilisent de manière partiale quelques recherches premières sur les effets négatifs qu’aurait la résidence alternée sur les enfants (voir nos billets des 1° et 8 février 2017). Continuer la lecture de « Testosterone Rex : femmes et hommes, comme des mouches ? »

Linda Nielsen : 10 résultats surprenants sur la résidence alternée

Comme nous l’avons écrit dans un précédent billet, lors de la conférence NPO-ICSP Boston 2017, Linda Nielsen a proposé une analyse des recherches sur la résidence alternée. Elle vient d’en publier le résumé dans son blog de l’Institut des Études Familiales.

Elle compare la situation de résidence pleine chez un parent (RP) à celle de résidence alternée (RA). Pour elle, la résidence alternée débute lorsque l’enfant peut passer au-moins 35% de son temps avec un de ses parents. En France, du fait de la longueur des vacances scolaires, cela correspond à l’arrangement « un week-end sur deux, étendu au moins à une nuitée et un jour la semaine sans week-end, plus la moitié des vacances scolaires. »

Elle se demande si le bienêtre de l’enfant est meilleur en RP ou en RA. S’il est meilleur en RA, elle se demande si c’est parce que les parents ont de hauts revenus, peu de conflits, plus de coopération dans l’éducation et qu’ils sont volontaires pour ce mode de résidence. Continuer la lecture de « Linda Nielsen : 10 résultats surprenants sur la résidence alternée »

Succès de la conférence NPO-ICSP 2017

La conférence internationale sur la résidence alternée Boston 2017 vient de se terminer. Elle a porté sur le thème : Recherches sur la résidence alternée : Un tournant dans la compréhension du meilleur intérêt de l’enfant ?

Présidence de la plénière

Pendant deux jours, 150 personnes venant de 24 pays se sont rassemblées dans une ambiance studieuse et amicale pour écouter les experts du champ de la résidence alternée – représentant à la fois les scientifiques et les professionnels de la famille – et pour échanger leurs expériences et leurs projets. Il est trop tôt pour une conclusion mais nous pouvons déjà partager deux points. Rapidement avant de reprendre l’avion ! Continuer la lecture de « Succès de la conférence NPO-ICSP 2017 »

Réexaminer la question du conflit dans la résidence alternée

Linda Nielsen vient de publier un article dans une revue scientifique internationale reconnue par l’Association Américaine de Psychologie (APA). Difficile de faire plus exigeant en termes de rigueur scientifique ! Cet article réexamine les précédents résultats des recherches à propos du lien qui existerait, ou non, entre résidence alternée et conflit parental.

Cet article nous intéresse puisqu’en France, tout particulièrement, des personnes et des organisations pensent que résidence et conflit sont liés au point d’interdire la résidence alternée (voir nos billets des 15 février et 5 avril 2017). Que montre la dernière étude de Linda Nielsen. Continuer la lecture de « Réexaminer la question du conflit dans la résidence alternée »

La résidence alternée, c’est avant tout celle des enfants

Notre article dans le journal en ligne The Conversation continue sa belle diffusion à travers le monde. Après un an, il a été lu par plus de 41 000 personnes.

Les commentaires sur l’article nous permettent de démonter quelques idées reçues qui bloquent la réflexion en France.

Dans un premier temps nous avions répondu aux critiques d’un professeur expert en psychologie (voir notre billet du 1° février 2017.

Ensuite, nous avons répondu aux personnes qui suivent l’avis de ces spécialistes sans prendre garde au fait qu’ils ne parlent pas de la population en général mais qu’ils donnent des exemples très particuliers qui doivent être pris au sérieux mais qui ne sont pas représentatifs  (voir notre billet du 8 février 2017).

Dans ce billet, nous répondons aux personnes qui disent que la résidence alternée ne vaut rien pour la plupart des couples car les hommes seraient violents.

NOTE: Ce billet a été révisé le 25 janvier 2018. Continuer la lecture de « La résidence alternée, c’est avant tout celle des enfants »

Beaucoup de cas cliniques ne font pas une politique publique

Notre article dans le journal en ligne The Conversation continue de rencontrer un intérêt que nous n’avions pas soupçonné. Ce sont près de 20 000 lecteurs qui l’ont lu et partagé en deux semaines. Les commentaires sur l’article continuent de se multiplier aussi et les réponses nous ont pris beaucoup de temps. D’où notre petit retard de publication aujourd’hui.

Ces commentaires nous permettent de démonter quelques idées reçues qui bloquent la réflexion en France. La semaine dernière nous avions répondu aux critiques d’un professeur expert en psychologie (voir notre billet du 1° février 2017). Aujourd’hui, nous répondons aux personnes qui suivent l’avis de ces spécialistes. Continuer la lecture de « Beaucoup de cas cliniques ne font pas une politique publique »

Même avant 2 ans, la résidence alternée est meilleure que la garde pleine

Une étude par l’équipe de W. Fabricius et récemment publiée dans une revue scientifique américaine montre que la résidence alternée est bénéfique aux enfants de parents séparés dès le plus jeune âge, avant 3 ans.

La question de l’âge à partir duquel les enfants peuvent tirer avantage, ou au moins ne pas être pénalisés, par le partage de la résidence entre leurs deux parents est une question importante qui n’avait pas reçu de réponse fondée sur des preuves scientifiques convaincantes. Dans le débat français, certains pédopsychiatres ont pétitionné pour une interdiction de cet arrangement avant 6 ans puis, sans justifier le changement, ces professionnels ont abaissé le seuil à 3 ans (voir notre billet du 2 novembre 2016). La recherche de Fabricius va permettre d’éclairer le débat grâce à des faits et à des données tirés d’un large échantillon de plus de 100 jeunes étudiants ayant vécu très jeune la séparation de leurs parents. Continuer la lecture de « Même avant 2 ans, la résidence alternée est meilleure que la garde pleine »

La vie des enfants après divorce : une question de santé publique

La revue Health Psychologie Open publie un article du médecin italien Vittorio Carlo Vezzetti qui bouscule l’approche classique de la vie des enfants après séparation des parents. Pour lui, il s’agit d’une question de santé publique internationale et non pas seulement d’un choix législatif national. Il fonde cette proposition novatrice sur une synthèse des compte-rendus de recherches publiés par les revues scientifiques internationales.

doctorLa séparation parentale concerne 10 millions d’enfants en Europe et représente la première cause de perte d’un parent puisque, dans 40 % des cas pour certains pays, de nombreux enfants vivent avec un seul parent et ne rencontrent plus assez l’autre parent, souvent le père. Cette perte peut s’ajouter à d’autres dommages telle que l’exposition au conflit des parents, voire aux violences domestiques. Le médecin italien appelle donc à étudier la question du divorce sous l’angle de ses conséquences sur la santé des enfants.

Depuis la publication de ce billet, une étude américaine a confirmé les travaux de Vittorio Vezzetti.

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Résidence alternée : de quoi parle-t-on ?

La résidence alternée est le thème d’une série d’articles et de dossiers dans les médias, cet automne. Ce regain d’intérêt nous encourage à mieux définir ce que c’est que la résidence alternée. Combien d’enfants et de familles sont concernés ? Quel arrangement de résidence est bénéfique ?

Chaque année, 200 000 enfants concernés par la séparation de leurs parents

infostatLe nombre d’enfants concernés par la séparation de leurs parents est important. Les statistiques du ministère de la Justice donnent 200 000 enfants concernés par les 126 000 divorces jugés en 2012.

Les chiffres de l’INSEE montrent un état assez stable des divorces ces dernières années. Continuer la lecture de « Résidence alternée : de quoi parle-t-on ? »